Samedi 08 Mai 2021
Nîmes, Vente Flash, Vic, Madrid…

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Au terme de son encerrona dans l’amphithéâtre romain, sortie a hombros de Juan Bautista par la Porte des Consuls…

En matinée, avec une météo plus clémente que la veille, mais toutefois un léger vent parfois gênant, et devant des gradins garnis aux 4/5, les toros de Victoriano del Río ont donné un jeu divers, Javier Jiménez touchant le meilleur lot, alors que d’autres se montraient décevants.

Tout auréolé de son triomphe venteño, Enrique Ponce reçut une ovation de gala  qu’il a voulu partager avec ses compañeros. Dans cette ambiance, il céda ensuite la place à Javier Jiménez (saluts et oreille) qui venait confirmer son alternative avec le toro « Jocundo » qui n’avait rien à voir avec le mari de la Joconde ! Il mesura les planches avant un bon capoteo par véroniques puis alla au cheval pour deux rencontres homéopathiques.

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Après un bon second tercio puis la cérémonie des trastos, Javier brinda à l’assistance une faena entamée par le haut puis relevée par des redondos suaves au centre. L’aîné des Jiménez poursuivit par des naturelles bien léchées avant de provoquer un gros susto dans les travées lorsqu’il faillit se faire cueillir de plein fouet en étant retourné alors que le toro démarra. Un accrochage évité pour quelques millimètres, en mode miracle ! Final par manoletinas avant échec aux aciers qui fit tomber la note. A son second, qui prit deux piques traseras, Javier brinda à son père un trasteo qui allait s’avérer gagnant, basé sur des séries templées. Le jeune maestro d’Espartinas passa le répertoire face à ce Victoriano maniable, parachevant de façon plus intimiste une copie conclue par entière puis descabello.

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Enrique Ponce (oreille et silence) débuta avec un adversaire piqué en deux fois avec la seconde une petite frayeur pour le piquero qui se retrouva en fâcheuse posture, à la limite de basculer sur le toro. Mais il se ressaisit bien au dernier moment, retrouvant son équilibre lors d’un puyazo sans trop appuyer. Brindis au conclave et superbes doblones qui firent rugir les étagères, ployant la jambe puis enchainant près du toril, à cause de la brise. Le passage à gauche fut moins probant, mais Enrique n’insista pas trop sur cette rive, retournant avec style à tribord pour un monumental échange qui fit jouer le magnifique « Caridad del Guadalquivir » ! Enorme séquence avec changements de mains maison, bien dans le corte d’un torero de sentiments à l’apogée de son art qui malheureusement n’a pas donné la mort qui aurait alors pu déboucher sur un authentique triomphe. La deuxième oreille envolée, Ponce venait d’étaler une nouvelle fois son excellente torería qui en fait un torero d’époque. Le quatrième ne lui permit pas de s’illustrer car manquant de race et avec lui, le « maestro de Chivas », comme dit un ami amateur de whisky, n’insista pas trop, une fois compris qu’il ne pourrait enchainer comme il l’aurait voulu. Echec aux aciers.

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Andrés Roca Rey (applaudissements et silence) se fit désarmer à plusieurs reprises par un toro qui balayait sans cesse. Cet adversaire au demeurant exigeant poussa sur le premier assaut. La faena ne restera pas dans les annales, Andrés tardant à trouver la bonne carburation, guère aidé il est vrai par une opposition que l’on aurait aimé un poil plus piquante et flamboyante ! Entière puis descabello. L’ultime lui confisqua son capote sur une série de chicuelinas, le Péruvien se reprenant bien avant deux piques puis un brindis à la clientèle, se montrant ensuite marginal le plus souvent lors d’un affrontement face à un adversaire dont les forces n’étaient pas la qualité première. Entière caída.

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Voir le résumé vidéo de cette corrida en cliquant ICI

L’après-midi, les étagères étaient pratiquement toutes occupées pour le solo de Juan Bautista, arborant un superbe costume signé Lacroix.

Beau temps. Toros de La Quinta, Parladé, Jandilla, Pedraza de Yeltes, Carmen Lorenzo et Garcigrande. Il est à noter que curieusement, les deux sobreros, respectivement de Pedraza de Yeltes et Garcigrande sont sortis pour remplacer les titulaires de leur fer !

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Costume de Lacroix

Avec comme sobresalientes Miguel Ángel Sánchez et Fernández Pineda, qui n’eurent pas à intervenir, Juan Bautista débuta la séance avec un La Quinta qui le désarma en fin de capoteo avant deux piques cuidées. Entame ponciste d’une faena qui allait s’avérer fort bien conçue face à ce La Quinta aux bonnes intentions avec lequel il cisela au son d’Opera Flamenca une œuvre ajustée sur les deux côtés, alliant maitrise technique et artistique. L’Arlésien connecta rapidement avec le public et en finit d’un cañonazo a recibir qui libéra deux oreilles.

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Bon capoteo, notamment par chicuelinas mains basses, avec un Parladé qui prit deux piques préservées entrecoupées d’un bon quite par farols. Jean-Baptiste prit la mesure de son opposant pour exécuter au son de la Concha Flamenca une faena dans laquelle il mit beaucoup de détermination, alors que son Parladé se révélait plutôt mou dans ses réponses. Entière.

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Reçu par deux largas de rodilllas, le Jandilla envoya au tapis le piquero Alberto Sandoval, auteur d’un extraordinaire saut périlleux par-dessus le toro ! Sur la lancée, son adversaire partit du centre pour un second assaut donné avec la musique. Un des grands moments de cette course, avec ovation de gala pour le lancier…

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Second tercio à la charge de Jean-Baptiste avec ovation à la clé, puis brindis à Alexandre, le fils de Nimeño II. Faena au son de « Deguello » sur un rythme s’adaptant bien à celui du toro, recelant une noblesse molle. Faena aussi décidée que conventionnelle, quelques bons passages et en guise de conclusion, recibir pinché puis seconde tentative par quasi entière d’effet immédiat. Pour fêter les deux oreilles, Juan fit la vuelta en compagnie de son piquero.

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Le Pedraza fut ensuite prié de dégager la piste après s’être invalidé. Remplacé par un de ses frères de 573 kilos sur la romaine, il s’employa dans le capote puis prit deux piques sans histoire. Face aux piètres conditions de son opposant, faena de tanteo comprenant quelques mouvements méritoires avant trois quarts de lame et un coup de verduguillo.

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Son combat avec le Carmen Lorenzo (Capea) fuyard m’a beaucoup intéressé dans la mesure où l’on a pu voir une autre dimension de Juan, celle d’un grand technicien qui s’adapte aux conditions de son adversaire plutôt que de réciter une leçon ! Arpentant la piste dans tous les sens, cherchant visiblement la sortie, le manso demandait à être entrepris de telle sorte qu’il faille canaliser sa charge et l’obliger dans une séance de course poursuite pour laquelle il fallait insister. C’est ce que fit l’Arlésien, après que Jean Loup Aillet se soit distingué sur le cheval. Suite à un bel effort de sa part, Juan finit par le mettre dans sa canasta avec en corollaire une superbe démonstration technique et un recours bien utile dans ces circonstances. Une bonne impression qu’un échec avec la ferraille est venu malheureusement un peu ternir.

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L’ultime, de Garcigrande, n’était pas le dernier !!! En effet, il fut invité à son tour à réintégrer le toril pour faire place à un autre de la même marque. Bon capoteo, puis deux piques adaptées aux forces d’un toro qui n’en avait pas de reste. Brindis aux gradins et faena sans grande saveur qui n’a pas donné au final l’éclat escompté. Dommage.

A l’issue de son encerrona, Juan Bautista est sorti a hombros par la Porte des Consuls…

En attendant, vous pouvez déjà voir la vidéo en cliquant ICI

VENTE FLASH

Des places à moitié prix pour la corrida de clôture lundi après midi : six toros de Jandilla pour David Mora, Paco Ureña et José Garrido…

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VIC

Dimanche matin. troisième corrida de féria. Plus de trois quarts d'entrée. Temps pluvieux.

Corrida concours de ganaderías. Ont été combattus dans cet ordre des toros de Miura, Valverde, Cuadri, Oliveira Irmaos, Valdellán et Los Maños, vuelta al ruedo pour ce dernier.

Domingo López Chaves : pétition majoritaire et deux vueltas al ruedo et ovation et saluts.

Morenito de Aranda : silence et silence.

Michelito Lagravere : silence et silence.

La corrida concours de Vic-Fezensac est la dernière organisée dans le sud-ouest. C'est donc un moment crucial de la temporada. Elle a obtenu, cette année, un beau succès populaire malgré la météo. Spectacle difficile à organiser, apparemment austère, il n'en remporte pas moins un réel succès: le public attentif a vibré bien que le niveau n'ait pas été ce qu'on pouvait espérer. Deux toros se sont distingués, le premier de Miura et le dernier de Los Maños. Pour ce qui concerne le premier, il est allé quatre fois au cheval avec rectitude en partant de loin, bien mis en suerte par l'expérimenté López Chaves. Il eut un début de faena noble, exprimant par la suite les caractéristiques de cet encaste singulier: genio et sentido. Le sixième de Los Maños, partit de loin avec une grande vivacité, captée parfaitement par la lance de Gabin Rehabi. A la muleta, sans doute demandait-il beaucoup et le jeune Michelito ne put lui permettre de s'exprimer, mais dans l'ensemble il plut, justement, au public. On distinguera aussi le toro de Oliveira Irmaos avec de la violence, du poder plus que de la bravoure, promenant le groupe équestre sur un tiers de l'arène.

L'expérience de Domingo Lopez Chaves s'imposa dès le premier toro et le public demanda pour lui après une épée tombée une oreille nettement majoritaire que le président, pourtant à cheval sur le règlement, lui refusa. Il entendit ainsi une bronca reprise à chacune de ses tentatives de présenter les animaux en piste. Ce fut un beau chahut... Au crédit supplémentaire de Domingo, sa présence comme chef de lidia, précieuse lors du dernier épisode notamment.

Morenito de Aranda, qui eut un lot médiocre, a semblé absent et n'a jamais passé la rampe. Peu d'effort devant le Valverde, mobile et le Valdellán, ce dernier décevant à la pique comme à la muleta.

Reste le cas Michelito. Il y avait beaucoup de pression sur ses épaules. Le toro, le concours, mais aussi une longue histoire familiale et locale. Sans doute cela le tétanisa et il fut incapable de s'imposer au terrible toro de Los Maños pourtant de cet encaste Santa Coloma combattu régulièrement au Mexique. Avait-il sa place dans ce cartel ? Pour nous, oui ! Les Vicois lui ont donné légitiment une opportunité. Qu'aurions-nous entendu s'il avait triomphé dans une corrida commode... L'échec est formateur, sa jeunesse plaide pour lui. Il faut le revoir dans d'autres circonstances...

J'allais oublier l'essentiel: parfaite présentation de l'ensemble; chaque toro bien dans son type, avec mention une fois encore pour le Miura (sardo) et le Los Maños (entrepelado).

Après-midi. Trois quarts d'entrée. Quatrième de la Feria del Toro. Pluie intermittente.

Six toros de Palha.

Alberto Aguilar : silence et silence.

Emilio de Justo : oreille et oreille.

Ruben Pinar : ovation et salut et silence.

Saluts du mayoral à l'issue de la corrida.

Ce fut la bonne surprise du jour: la corrida très bien présentée, très homogène a donné un spectacle passionnant. Quatre toros ont été ovationnés à l'arrastre; deux particulièrement: le second et le quatrième, les troisièmes et cinquièmes furent justement salués eux-aussi. Ce furent des toros spectaculaires à la pique: partant de loin pour trois reprises, parfois plus, avec un beau galop et supportant le fer sans mollir et qui donnèrent de l'émotion par la suite. Le toro complet, ce que l'aficionado valorise. Joao Folque jubilait, il pouvait être fier de sa production, son blason redoré...

Mauvais jour pour Alberto Aguilar qui toucha le mauvais lot: les deux toros sosos et parfois un peu faibles. Il aime les affrontements virils, on le sait. Aucune de ses faenas ne toucha le public et il tua ses deux adversaires de façon indigne d'un professionnel de son acabit. A oublier... On sait qu'il peut faire mieux.

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Triomphateur du jour, Emilio de Justo s'imposa par son sens de la lidia, mais aussi par la vérité de son toreo. Toujours engagé, il sut capter avec justesse les charges parfois violentes de ses deux adversaires, mobiles mais exigeants. Il fallait se les coltiner, les faire briller, les "aguanter", il l'a fait avec élégance. A son premier passage, il fit une dernière série pieds joints très esthétiques. Deux bonnes épées et une sortie en triomphe que personne ne discutera. On pourra le revoir à Villeneuve de Marsan cet été...

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Franchement, Ruben Pinar nous plut à son premier passage. Bien qu'elle n'ait pas connecté, sa première faena eut des moments intéressants où il toréa avec temple et douceur. Juste de force, le toro ne lui permit pas de poursuivre suffisamment son travail pour convaincre. Un pinchazo et une épée de côté vinrent ôter tous les espoirs de succès. Bis non repetita, peu de chose à repêcher de sa seconde faena où il fut débordé et accroché trop souvent.

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Salut du mayoral archi-mérité. Les Palha reviennent à leur meilleur niveau et à Vic, les aficionados sont sur un nuage - malgré la pluie...

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(Pierre Vidal – Corridasi – Photos : Matthieu Saubion)

MADRID

Dans une plaza de Las Ventas pratiquement pleine, la corrida de Cuadri s'est avérée à la fois entretenue, compliquée et accidentée.

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Fernando Robleño : silence et saluts.

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Javier Castaño : silence aux deux.

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José Carlos Venegas : silence et blessé (traumatisme aux côtes).

Voir le résumé vidéo en cliquant ICI

(Photos : Joël Buravand)

Les résumés des courses du lundi de Pentecôte seront publiés dans la matinée du mardi...

 

Paul Hermé

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Affiches / Cartels

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