Samedi 23 Mars 2019
Carlos Olsina
Dimanche, 06 Janvier 2019

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Pour le Biterrois, 2019 devrait être l’année de la consolidation dans son statut de novillero en piquée…

Rencontré à Nîmes où il a fait un temps de brillantes études supérieures, Carlos Olsina est revenu lors d’un entretien sur sa saison passée qui a répondu à ses attentes. Rappelons qu’il était passé dans cette catégorie le 15 août 2017 lors de la Feria de Béziers et que depuis, il a tenu à assumer à fond sa passion des toros, avec un quotidien qui dorénavant a pour cadre l’Andalousie, plus précisément à Gerena, avec le soutien notamment de Robert Margé et l’apoderamiento de Manuel Espinosa « Lolo de Camas »…

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« Effectivement, j’avais débuté en piquée lors de la Feria d’Août 2017, avec Jesús Enrique Colombo et Adrien Salenc pour toréer des novillos de Margé. Lolo m’avait trouvé bien et il est ensuite revenu me voir pour un festival après en avoir parlé avec Robert et c’est donc réellement à partir de 2018 que j’ai réellement commencé ma préparation au campo avec lui. Cette année, j’ai réalisé 11 novilladas prises en compte par l’escalafón, plus une effectuée au Mexique, où j’ai d’ailleurs indulté un novillo !

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En France, ma première course s’est déroulée à Vergèze. En amont, on a fait ce qu’on a pu avec le soutien financier de ma peña pour tuer quelques toros en privé et effectuer plusieurs tentaderos, ce qui m’a permis d’arriver à Vergèze assez serein. Il s’est alors passé une chose qui ne m’était encore jamais arrivée. Mon premier novillo, de Laugier, qui s’était cassé une corne, a été changé et on m’a dit alors de le tuer pour me faire la main. Alors que jusque-là, dans ma préparation, l’épée se passait plutôt bien, là, les soucis ont commencé et c’est quelque chose qui m’a assez longtemps poursuivi dans la saison, me faisant perdre pas mal de trophées ! De surcroît, j’ai eu affaire ensuite à deux novillos, du Campo puis de Barcelo, assez compliqués, soit par manque de forces ou d’embestida…

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Ce qui s’est passé avec mes premières courses, c’est que j’ai eu passablement de mal à me libérer. J’éprouvais des difficultés à m’assumer et en ne m’assumant pas, j’avais forcément du mal à transmettre. Ça s’est produit un peu de la même façon à Boujan pour seulement ma troisième piquée, avec les Hoyo de la Gitana, où je ne m’en était pas trop mal sorti, mais où j’avais pinché à mon premier, ce qui m’avait coûté l’oreille. Et comme à Vergèze, mon second s’est révélé impossible, étant parado au bout de deux passes. Je me suis alors remis en question car malgré mes efforts, ça ne payait pas. Je ne comprenais pas pourquoi je n’y arrivais pas, pourquoi je ne transmettais pas, j’ai beaucoup réfléchi pour y remédier, puis est venue la novillada de Béziers…

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Avant cette course, j’en avais fait une en Espagne avec des Prieto de la Cal et ça s’’était plutôt bien passé, même si j’avais encore pinché. Un déclic s’est produit sur le plan technique, grâce surtout aussi à deux toros au campo avec lesquels j’avais éprouvé de bonnes sensations. A Béziers, j’avais la pression de mon public, ça s’est relativement bien passé, mais avec toujours ce problème de se libérer et celui de la conclusion.

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Il y avait eu tout de même un déclic et ça, je l’ai ensuite ressenti dans mes courses en Espagne. Je suis ensuite allé à Casavieja, dans la Vallée de la Terreur, pour toréer des Peñajara. J’y suis allé avec la détermination d’y triompher pour relever la tête. J’ai coupé une oreille à mon premier après m’être fait attraper, le public s’est mis avec moi, ça se passait de mieux en mieux, mais j’ai pinché ma seconde faena. Comme les autres n’avaient rien coupé, je suis tout de même sorti triomphateur de cette novillada et dehors, le président est venu me voir pour me signifier que j’étais répété le lendemain !

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Le jour suivant, la novillada était de Monteviejo, un autre fer de Victorino Martín. Mon premier avait des qualités, je m’accordais bien avec lui et tout en toréant, j’ai soudain aperçu Victorino dans les gradins. Il m’a fait un signe le pouce levé, comme pour me dire qu’il appréciait ce que je faisais. Je ne le connaissais pas, je ne l’avais jamais vu sauf pour l’avoir salué juste avant la novillada, j’ai mis une bonne épée et j’ai coupé une oreille. Pendant la vuelta, Victorino a appelé un de mes banderilleros pour lui demander qui j’étais, lui révélant qu’il avait apprécié ce que j’avais fait, ce qui évidemment était très encourageant pour moi. Avec mon second, très dans le type de Barcial, astifino, un de mes banderilleros ayant beaucoup de mal à le lidier, il s’est fait conspuer par le public et j’ai alors décidé de prendre les choses en mains. Le public s’est encore plus mis avec moi, j’ai fait un gros effort, mais malheureusement j’ai pinché. Ils m’ont demandé tout de même de faire la vuelta et une nouvelle fois, même sans avoir coupé ce coup-ci, ils m’ont encore déclaré triomphateur ! Victorino Martín a alors appelé Lolo pour faire des éloges de moi et m’inviter à venir tienter. Evidemment, j’étais aux anges, ça ne pouvait que me booster !

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A partir de là, le déclic s’est de plus en plus produit, j’ai commencé à davantage me libérer, notamment à Arganda del Rey pour les Dolores Aguirre. Je me suis fait refuser une oreille à mon second et là aussi, ils ont considéré que j’étais triomphateur, au point que les organisateurs sont venus me voir pour me dire que j’avais gagné mon contrat pour l’an prochain ! J’ai en outre été appelé pour venir tienter cet hiver, donc cette course a été forcément bénéfique

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Ensuite, je suis allé à Laguna del Duero, près de Valladolid, pour une course d’El Cahoso. J’ai coupé les deux oreilles de mon second avec sortie a hombros. Après la novillada, j’ai croisé le maestro Vicente Barrera qui m’a fait des éloges, ce qui a contribué à me donner encore plus le moral pour m’accrocher !

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Plus tard, à Mejorada del Campo, à côté de Madrid, pour une novillada de Valdefresno, j’ai pinché d’abord une faena de deux oreilles. J’ai vu alors Lolo très énervé… et à mon second, un manso qui avait des qualités de charge, j’ai sorti une bonne faena avant de le pincher une fois. Lolo était encore très énervé dans le callejón, je l’ai alors regardé dans les yeux puis j’ai jeté ma muleta. Je me suis ensuite lancé sur le toro qui m’a violemment accroché, pour prouver à tout le monde, à commencer par mon apoderado, que je voulais être quelqu’un dans ce milieu et que je ne manquais pas de courage, ni d’envie ! (vidéo ICI ).

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J’ai coupé une oreille et je me souviendrai toujours du moment qui a suivi, où Lolo était très ému, ce qu’il laissait rarement voir. Tout ça m’avait encore plus regonflé le moral et ensuite, nous sommes allés à Mojados, où j’ai coupé trois oreilles au terme d’une novillada de Torregrande avec laquelle je me suis senti très « a gusto », réalisant notamment un cambio à genoux, comme le fait Roca Rey. J’avais remarqué qu’aucun novillero n’en faisait, c’est pour cela que j’en ai effectué un au centre, ce qui a été très bien perçu par le public. J’avais aussi retrouvé le sitio avec l’épée, ce qui n’était pas négligeable…

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Je suis allé ensuite à La Peza, un pueblo de la zone de Granada, où l’on combat les toros sur la place du village, ce qui donne un caractère très typique aux courses. Un grand souvenir, avec même des gens  debout au bord de la piste. C’était ma huitième sortie en triomphe après avoir coupé deux oreilles, j’avais eu encore de bonnes sensations et ensuite, le festival de Béziers pour l’anniversaire de l’école taurine est venu conclure ma saison en Europe…

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J’ai toréé  un toro de Robert Margé auquel j’ai coupé deux oreilles, ça s’est très bien passé, puis je suis parti au Mexique où Lolo avait apodéré Lama de Góngora, ce qui avait étayé son cercle de relations. Du coup, j’ai pu participer à quelques tentaderos et Michel Lagravère a favorisé mon inclusion mi-novembre dans la feria de Mérida. C’est là où pour un mano a mano avec la vedette de ce pays, Héctor Gutiérrez, j’ai touché l’excellent N°36 de San Salvador. C’était mon premier indulto, un souvenir forcément marquant. Le soir, j’ai appris que j’avais été désigné triomphateur du cycle de trois novilladas ! Après avoir passé un mois là-bas, nous avons gardé des contacts, notamment avec le Quitos, qui devrait aussi me donner quelques opportunités, on devrait tôt ou tard y retourner… et j’ai hâte de revenir dans ce pays qui m’a beaucoup plu !

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Si je dois évaluer mon bilan, j’aurai tendance à dire que je suis satisfait car pour une première année complète, avoir pu toréer dans les trois pays, France, Espagne et Mexique, et effectuer douze novilladas dans un contexte qui n’est pas devenu très favorable aux novilladas, ce n’est déjà pas si mal… En outre, ça m’a beaucoup aguerri et clairement, les choses  sont allées « a más » pour moi ! A force de travail, je suis parvenu à corriger certaines choses et si Lolo se montre très exigeant envers moi, je sais aussi qu'il n'y a que dans la rigueur que l'on peut obtenir des résultats...

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Il est évident que l’épée est devenue une priorité, mais en même temps, je ne veux pas trop faire une « fixette » là-dessus car je pense que ça vient avant tout de la tête ! Techniquement, je fais souvent le geste à l’entrainement, j’en ai même les mains meurtries. Le problème est avant tout moral, il me faut trouver des toros au campo pour m’entrainer et retrouver le sitio. Je reste persuadé que c’est un problème que je vais parvenir à régler…

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Sur le plan technique, j’ai dû un moment travailler la main droite car même si je suis droitier, je trouvais plus d’aisance avec la gauche ! Sinon, je travaille toutes les suertes, en essayant d’y mettre de la variété et de la personnalité, bref, de me comporter « en novillero » !  Et en ce qui concerne le bétail, je prends en principe tout ce qu’on me propose avec une large variété d’encastes. Cette année, c’était une année de rodage pour apprendre le métier, et dans ce contexte, il est bon de tout connaitre et non pas de se cantonner dans des créneaux trop fermés.

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Pour l’heure, je n’ai qu’une chose à l’esprit, c’est de poursuivre du mieux possible mon apprentissage sans trop me presser. Pour moi, ce n’et pas une finalité d’être matador, ce que je veux, c’est être figura ! L’avenir me dira si c’est possible, mais je n’ai pas fait tous ces sacrifices pour devenir un de plus ! C’est pourquoi mon but n’est pas de prendre l’alternative, elle arrivera toujours en son temps, mais de me donner les moyens d’y arriver fin prêt, avec un bagage bien étayé, ce qui passe aussi par la préparation et les toros au campo. Et bien entendu, j’aimerais toréer davantage dans mon pays, mais pour cela, je suis bien conscient qu’il faut couper des oreilles et ce sera une de mes préoccupations au cours de cette prochaine temporada, celle de la consolidation ! A ce sujet, pas mal de choses sont en train de bouger et pour le moment, je peux dire que ma saison passée a porté ses fruits et que celle qui se profile devrait en être la meilleure preuve…

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Par ailleurs, je peux bénéficier aussi du soutien de ma peña, comme je l’ai déjà évoqué, et pour étayer ma préparation, nous cherchons aussi des sponsors afin de me permettre de tuer davantage de toros en privé. On est en train d’en chercher et s’il y en a qui veulent se manifester, c’est avec un grand plaisir que nous les accueillerons ! Il suffit de nous contacter sur notre page Facebook : https://www.facebook.com/PenaCarlosOlsina/ »

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En cette période de vœux, on aura compris que Torofiesta souhaite à Charles de pouvoir réaliser une préparation sérieuse et compacte afin de le retrouver dans d’excellentes dispositions dès le début de la prochaine saison. Suerte, Carlos !!!

 

Paul Hermé

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