Mercredi 19 Juin 2019
Thomas Dufau
Dimanche, 13 Janvier 2019

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Rencontre à Nîmes avec Thomas Dufau, avant son départ vers l'Andalousie pour l'acte I de sa préparation…

Le Montois est revenu sur sa temporada 2018 marqué par l’oreille obtenue à Las Ventas, avant d’évoquer les perspectives pour la temporada qui se profile et dont on voit déjà se dessiner les premiers contours…

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« La temporada 2018 a été pour moi une des plus riches au niveau des émotions, surtout avec la tarde du 15 août à Madrid où j’ai coupé la seule oreille de la course ! Un grand moment de ma saison, certes, mais aussi de ma carrière de matador de toros !

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Question apoderamiento, c’est toujours Robert Pilès qui gèrera ma carrière, ses occupations avec Simon Casas à Madrid faisant que c’est son fils Jean-François qui continuera de m’accompagner. Autant eux que moi, après avoir fait le bilan, on a été satisfait du déroulement de ma saison, donc il est tout à fait logique de poursuivre ensemble. Il n’y a rien de signé, c’est avant tout une parole d’hommes, on se serre la main et on repart pour un tour… Pour 2019, on va essayer que ma saison soit encore plus fournie en termes de contrats, ce qui dépendra évidemment en grande partie de moi, de mes résultats.

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Si je regarde dans le rétro, ma saison 2018 a débuté à Gamarde, une arène particulière où c’est un peu difficile pour moi dans la mesure où les gens m’y attendent ave beaucoup de responsabilités. C’est la première de la saison, quand on sort à peine de notre préparation, mais j’ai tout de même coupé une oreille et si tout n’a pas été parfait, je me suis quand-même retiré satisfait de cette reprise…

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Ensuite, je suis allé à Nîmes pour affronter les Partido de Resina en ouverture de la Feria de Pentecôte. Je savais que cette ganadería n’allait pas trop nous aider et ça a été malheureusement le cas. Nîmes est une arène qui m’a toujours tenu à cœur, j’y ai connu des moments inoubliables et elle m’a souvent réussi. Quand je torée dans cet amphithéâtre, j’ai toujours envie de faire un gros effort, ce qui a été le cas. Malgré les difficultés, j’ai fait tout de même une vuelta et j’aimerais bien tomber un jour sur un élevage qui me permette davantage de m’exprimer pour y vivre encore de grands moments !

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Puis il y a eu ce fameux 28 mai à Madrid dont j’attendais beaucoup et qui en définitive s’est soldé par une énorme déception… Dès que j’ai été mis au courant de ma présence à la San Isidro, j’ai axé ma préparation en grande partie par rapport à cette corrida pour arriver prêt à 200% ! Malheureusement, le jour de la course, la pluie a arrosé la ville, et surtout le ruedo…

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La décision a été prise au moment du paseo, les trois toreros étaient habillés et quand on est arrivés au patio, le président de la course nous a appelés pour nous faire part de leur point de vue. On s’est alors rendu sur la piste pour vérifier son état et on a tous constaté qu’elle était impraticable. Bien entendu, j’avais misé énormément sur cette course et ça m’a laissé une amertume à la hauteur de ma déception.

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Le jour-même, j’ai eu toutefois l’assurance de la part de l’empresa, dont je suis évidemment très proche, qu’ils feraient tout leur possible pour que je puisse faire un paseo au cours de la saison, et c’est finalement ce qui s’est produit puisque par la suite, il y a eu la fameuse corrida de l’oreille sur laquelle je reviendrai.

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Mais auparavant, j’ai toréé la corrida d’Aire en hommage à Iván Fandiño, un an après le drame. J’étais présent ce jour-là et ça m’a forcément beaucoup marqué. Il était donc évident d’être très ému pour cet hommage car tout ce qui se passait lors de cette corrida te ramenait à ça. Les toros de Joselito n’ont été évidents pour personne, il n’y a pas eu de triomphe et personnellement, je pense que j’aurais pu prétendre à mieux avec une plus grande efficacité avec l’épée.

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Puis Mont de Marsan… Ma ville ! Le Plumaçon… avec un lot de la Quinta qui fait partie des élevages préférés de l’aficion montoise. Mais cette fois, la corrida a été en deçà par rapport à de précédences éditions. C’est le genre de course où il ne faut pas s’attendre à une régularité extraordinaire et c’est toujours difficile de répéter des triomphes. C’est hélas ce qui s’est passé ! Il y avait un bon cartel, avec Juan Bautista et Emilio de Justo, et compte tenu du contexte, personne n’a d’ailleurs pu réellement triompher.

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Deux semaines plus tard, j’ai retrouvé Emilio De Justo à Villeneuve, dans « mon jardin », en mano a mano avec un élevage peu connu par ici, celui des frères Cambronell. D’ailleurs, je ne le connaissais pas plus que les autres, et au final, il y a eu un peu de tout, certes, mais avec surtout pour moi la satisfaction d’être sorti a hombros avec mon compañero pour avoir obtenu les deux oreilles de mon premier !

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Sont venus ensuite les Ana Romero de Dax qui m’ont laissé un très bon souvenir. Mais on sait combien il est difficile de connecter avec le public le jour de l’Agur, la plupart des gens attendant pour la clôture le final musical avec impatience. La corrida était bien présentée, elle était importante et je pense que les trois toreros ce jour-là ont fait un effort. Pour ma part, j’ai salué à mon  premier et finalement, malgré ce contexte particulier, je garde un bon souvenir de cette course.

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Puis est arrivée Las Ventas, sans pluie cette fois ! Il s’agissait d’un mano a mano ganadero entre Palha et Pallarés, et c’est avec mon premier, de Pallarés, que j’ai coupé l’oreille. Bien entendu, c’est un souvenir immense et la déception du mois de mai a été définitivement oubliée ! J’ai senti le public avec moi, il a de suite accroché, c’était incroyable ! Cette oreille pèse énormément, d’autant  plus qu’elle me fait entrer dans le cercle très fermé des toreros français qui ont coupé à Las Ventas ! En outre, je pense que ce succès aura quelque répercussion pour cette temporada…

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A Corella, j’ai obtenu une oreille à un toro de Victorino, une corrida qui représentait un challenge particulier pour moi, notamment par rapport à la renommée de l’éleveur. C’était la dernière de ma saison et je tenais pour cette raison aussi à terminer en beauté, comme on dit. C’était donc pour moi une grande satisfaction avant de définitivement conclure par deux festivals, à Rodilhan puis Rion des Landes.

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Concernant Rodilhan, en tenant compte du contexte particulier, je tire mon chapeau au maire, Serge Reder, et aux organisateurs ! C’est pour cela que je tenais à venir, pour eux et les aficionados qui ont répondu présent. En définitive, on a passé un bon moment, j’ai coupé une oreille à un toro de Gallon et ça reste aussi un bon souvenir…

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Le coup de sifflet final a retenti à Rion en novembre, un endroit fort sympathique et caractéristique de nos journées à la fois festives et taurines. J’ai coupé une dernière oreille avant de ranger le matériel pour 2018…

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Pour revenir sur l’ensemble de ma temporada, même si elle a connu des moments meilleurs que d’autres, je suis globalement satisfait, d’autant plus que comme je l’ai déjà précisé, j’avais beaucoup misé sur Madrid et que je considère l’oreille obtenue comme un sésame pour 2019. J’espère qu’elle me permettra de consolider ma position en France avec d’autres portes qui pourraient s’ouvrir, ainsi que de l’autre côté des Pyrénées.

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En ce qui concerne ma préparation, mon souhait principal est de me démarquer de mes habitudes, de mon quotidien. C’est pour ça que je vais partir en Andalousie pour ne me consacrer qu’aux toros, sans aucune pression et surtout à ne penser qu’à m’entrainer, du moment où tu te lèves jusqu’à celui où tu te couches !

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Généralement, on alterne la partie physique et technique avec pas mal de torero de salon, sauf quand il y a des tentaderos, où ça devient la priorité. Je vis à 200% toros et je vais rester là-bas pratiquement jusqu’au début de la saison, avec toutefois une coupure au Venezuela, le 25 janvier à San Sebastián. Avant le Venezuela, je serai à Gerena pour tienter et tuer une paire de toros, et à mon retour, je serai établi à Sanlúcar de Barrameda…

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Quant à ma cuadrilla, mes picadors seront Nicolas Bertoli et Juan José Esquiviel. Chez les banderilleros, le seul qui sera fixe est Diego Ramón qui est de Sanlúcar et qui s’entrainera tout l’hiver avec moi. Bien entendu, mon mozo de espada sera encore Manu Faure, l'incontournable Blond...

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La première date confirmée pour la France est celle de Saint Martin de Crau où le samedi 6 avril je combattrai des toros des deux fers Yonnet aux côtés de Javier Cortés et Gómez del Pilar. Un beau challenge en perspective… J’espère que ce sera l’occasion de bien lancer ma saison ici… et ailleurs !  »

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 Suerte, Thomas ! Que la temporada 2019 te fasse encore gravir des échelons dans ce monde des toros où rien n’est facile…

 

Paul Hermé

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