Lundi 26 Août 2019
Istres
Samedi, 26 Janvier 2019

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Retour sur la présentation des cartels d’Istres avec le ressenti de Bernard Marsella…

Comme il est toujours préférable de s’adresser au Bon Dieu qu’à ses Saints, je suis revenu sur les cartels d’Istres avec Bernard Marsella, qui a bien voulu me révéler son ressenti sur le caractère de la feria et son montage…

« A Istres, le privilège est de pouvoir travailler pratiquement d’une année sur l’autre sur la feria. Très tôt, on se projette sur des idées de cartels, un thème, des histoires qu’on aime bien raconter car c’est finalement un peu l’identité de cette arène. On tient  à surprendre chaque année l’aficion au travers d’une programmation qui ne tombe pas dans la routine, sans proposer quelque chose comme une mauvaise copie des cartels d’Arles ou de Nîmes, et en continuant de porter la feria au plus haut niveau, c’est-à-dire qu’Istres fait partie des meilleures ferias françaises.

Dès le mois de juillet, alors que j’étais en vacances à la mer, j’ai été inspiré par quelques notes de musique sur le thème d’une des corridas de la feria. Déjà, j’avais ressenti un déclic à ce moment  précis. Ensuite, il était évident que nous allions répéter la corrida torista, puisque ça correspondait au désir de la commission taurine et aussi à l’équilibre d’une feria, les aficionados étant sortis satisfaits des arènes l’an passé. Il me fallait un grand cartel d’ouverture, avec une corrida toujours un poil spéciale pour la clôture, sachant que le dimanche matin, nous allions faire la novillada piquée. Telle est l’ossature de la Feria 2019…

J’ajoute que je suis très fier de travailler dans cette ville, je rends hommage au maire François Bernardini qui est un grand défenseur de la tauromachie parce qu’il nous valide chaque année des projets extraordinaires avec l’ambition qu’il y ait à Istres une grande feria. J’espère que cette édition va rassembler beaucoup de monde car elle a tous les jours pas mal d’arguments attractifs qui vont lui donner toute sa grandeur et sa dimension.

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Pour l’ouverture, nous avons voulu, et nous en sommes ravis car ça renforce aussi la notoriété de nos arènes, qu’un novillero puntero, de plus français, prenne l’alternative au Palio. C’est d’autant plus formidable qu’Adrien Salenc aurait pu la prendre dans n’importe quelle grande feria. Il a toujours triomphé à Istres de novillero et la cérémonie comprendra un cartel important, avec El Juli comme parrain et Andrés Roca Rey pour témoin. Il y a non seulement l’événement de l’alternative, mais aussi celui du retour du Juli à Istres après quatre ans, sans compter l’appartenance d’Adrien à son école pendant ses années d’apprentissage, tout cela ajouté à la présentation de Roca Rey, ce qui fait plusieurs événements en un ! En outre, ce sera certainement l’unique corrida du Juli en France pour cette temporada, on peut donc dire que ce sera un cartelazo pour lancer la feria !

En ce qui concerne le fait de pouvoir programmer cette alternative, j’ai rencontré très tôt Olivier Baratchart, je lui ai fait une proposition, mais je n’avais pas beaucoup d’espoir car il était évident qu’on aurait pu penser qu’il souhaitait la prendre à Arles ou Nîmes. Ce qui a finalement fait pencher la balance pour Istres, c’est que le plan d’Adrien pour 2019 est de débuter la saison en novillada pour aller notamment à Madrid, Séville, Valencia… afin de faire une sorte de tournée d’adieux de novillero avant de franchir le cap. C’était donc le bon moment, ni trop tôt, ni trop tard, pour enchainer ensuite quelques corridas. Mais c’est aussi une alternative que l’on a voulue au plus profond de nous !

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Le samedi, c’est le retour des toros de Valverde, une sorte de secret de polichinelle parce que le maire l’avait déjà annoncé le soir même de la corrida de l’an dernier. Jean-Luc Couturier avait alors réussi sa présentation à Istres, les gens sont sortis satisfaits des arènes parce qu’il y a eu un peu de tout au cours de cette tarde. Il était donc légitime de le répéter, d’autant plus que cette année, la corrida est encore plus spectaculaire que celle de l’an passé ! Je pense donc que les aficionados « a los toros » seront ravis de ce lot et du cartel annoncé puisque l’on a voulu en faire une corrida un peu spéciale pour ne pas tomber dans des combinaisons répétitives par rapport à des arènes des alentours qui ont des cartels aux accents toristas.

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On a donc engagé les deux toreros les plus aimés de l’aficion du Sud-Est, les plus soutenus, les plus respectés aussi, et qui ont fait énormément d’efforts en 2018. L’un a été propulsé au-devant de la scène, Octavio Chacón, l’autre a été blessé mais a marqué des points, toréant à cinq reprises à Las Ventas et étant à un cheveu d’ouvrir la Puerta Grande, Javier Cortés. Ce sera la présentation de ces deux toreros pour un mano a mano en béton face aux toros du Curé qu’ils devraient mettre en valeur…

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Le dimanche, on propose une journée spéciale, qui va rendre hommage au Mexique, cette grande nation taurine, à tous ses toreros et éleveurs. Le matin, novillada piquée internationale avec trois novilleros français deux espagnols et un mexicain, face aux novillos de l’élevage Cuillé, ce qui est très logique après la grande novillada sortie l’an dernier. On a souhaité, avec la commission, répéter les quatre triomphateurs de l’an dernier, Adrien Salenc et Cristian Pérez en juin, ainsi que Rafi et Maxime Solera en août. Il restait donc trois postes si l’on considère le changement de catégorie d’Adrien, et on a voulu qu’ils aillent à un par nationalité, c’est pourquoi il y aura le N°1 de l’escalafón, Alfonso Ortiz, le mexicain Héctor Gutiérrez et Carlos Olsina. Six novillos pour six novilleros, ça pourrait paraitre frustrant lors des négociations quand on le propose, mais après, ils viennent en courant ! Il faut dire que le prix au triomphateur dépassera de loin un simple objet puisqu’il s’agira d’un engagement… à la Monumental de Mexico, la plus grande arène du monde !!! C’est pourquoi je peux dire que les novilleros vont s’arrimer comme des chiens…

L’après-midi, je me dois d’annoncer et d’expliquer ce qu’en définitive… on ne fera pas ! Dès le mois de juillet, lorsque j’ai été emballé par ces quelques notes de musique venant d’un groupe de mariachis qui m’ont décidé à tenter quelque chose de fou très tôt, on a pensé faire venir des toros depuis le Mexique, dix étant réservés à la ganadería de San Miguel de Mimihuapam, dont le propriétaire n’est autre qu’Alberto Bailleres. Malheureusement, jusqu’au 30 décembre, ils ont tout essayé, mais en vain, car il est actuellement impossible de transférer du bétail brave en Europe. On a tout tenté, même en passant pas d’autres pays, sans plus de résultats.

L’hommage au Mexique est néanmoins maintenu, il va y avoir tout le décorum qui va rappeler la Monumental de Mexico, avec un orchestre de mariachis. Pour la première fois à Istres, on aura une Corrida Charra ! L’idée première lorsque les toros de Mimihuapam devaient venir à Istres, c’était de confectionner un cartel  international avec un français, un espagnol et un mexicain qui avaient une histoire forte avec le Mexique. Luis David Adame est un jeune torero avec une grande projection dans son pays, Ponce et Castella sont deux figuras importantes là-bas, un pays où ils se sentent particulièrement dans leur élément, et par ce cartel, on a voulu rappeler la dernière fois où des toros mexicains ont été lidiés à Las Ventas, en 1987, ceux de San Mateo. Avec aussi un mexicain, un français et un espagnol, en l’occurrence David Silveti qui confirmait, son parrain Nimeño II et son témoin Tomás Campuzano !

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Depuis 1910, des toreros mexicains viennent toréer en France. Le premier qui est venu avec la stature d’une vedette est Rodolfo Gaona, on peut donc dire que l’histoire se répète. De Rodolfo Gaona à Luis David Adame, de Nimeño II à Sébastien Castella et de Manolete à Enrique Ponce… Le premier Français qui a confirmé son alternative à Mexico est Nimeño II et c’est à partir de là que les relations franco-mexicaines ont réellement débuté. Enrique Ponce et Sébastien Castella ont accepté le concept, en troquant le costume de lumières par celui de la coutume charra. Et côté toros, je suis ravi que ce soit eux puisqu’ils n’ont jamais été lidiés à Istres, à savoir les toros de Victoriano del Río.

Au sujet du bétail, je précise que l’idée de départ était de mettre en avant les deux élevages de Bailleres comme expliqué plus haut pour la mexicaine, ainsi que la ganadería dont il est devenu propriétaire en Espagne, celle de Zalduendo, que l’on verra le premier jour pour l’alternative d’Adrien…

En définitive, on va donc conclure la feria avec un cartel international qui me semble attrayant, avec en outre cette ambiance particulière qui va planer sur le Palio. On ne peut pas satisfaire tout le monde, c’est sûr, mais on a essayé de monter un plateau équilibré et crédible qui puisse avoir l’aval d’un maximum d’aficionados. Je pense qu’elle va fonctionner, avec en plus des arènes d’une commodité que l’on trouve rarement ailleurs, avec des places réservées correspondant aux plus basses de Nîmes ou Arles, une politique tarifaire qui va partir de 85€ en abonnement numéroté pour les quatre courses, ce qui ne peut pas être plus attractif, non ? »

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Comme on peut le voir sur la photo du haut où Bernard Marsella croise les doigts, on va l’accompagner dans ses souhaits les plus fous pour que cette feria tienne toutes ses promesses. Suerte !!!

(A suivre lundi matin, le compte rendu de l'Assemblée Générale de l'UCTPR à Méjanes)

 

Paul Hermé

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