Lundi 26 Août 2019
Nîmes, Vic, Madrid…
Dimanche, 09 Juin 2019

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Sortie a hombros d’Antonio Ferrera et de David de Miranda et le matin, de Rafi qui a remporté sa deuxième Cape d’Or…

Deux tiers d’arènes, beau temps. Huit toros de Jandilla plus un sobrero du même fer 5bis), dont trois du second fer de Vegahermosa, un ensemble bien présenté, au comportement inégal, avec plusieurs toros intéressants.

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David de Miranda (deux oreilles et silence) est venu confirmer son alternative et c’est donc avec lui qu’une longue séance de plus de trois heures et demie a débuté ! Après deux piques sans style puis la cérémonie d’échanges de trastos, il brinda à l’assistance une faena bien débutée par statuaires serrées puis derechazos relâchés, donnant la distance et affirmant son autorité sur plusieurs tandas ajustées. David connecta avec les tendidos lors de séries suaves, toujours en essayant de bien faire les choses, puis souffrit une violente voltereta, s’en tirant miraculeusement en étant apte à reprendre le combat. Entière et deux oreilles qui ne pouvaient pas mieux lancer ce marathon… Avec plus tard son Vegahermosa, auteur de deux assauts sans grand éclat, début de faena par deux cambios, puis quelques séries prometteuses des deux côtés, avant que le bicho ne baisse rapidement de ton, le tout s’avérant par la suite quelque peu longuet. Entière.

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Antonio Ferrera (deux oreilles et silence) afficha d’emblée de bonnes intentions capote en mains avant deux piques cuidées suivies d’un bon quite de Román puis un retour protocolaire avec De Miranda avant un brindis à l’auditoire. Faena harmonieusement menée, l’Extremeño arrêtant la musique et poursuivant par échanges suaves donnés à un bicho qui ne s’avéra pas le plus gaillard de l’envoi. Entière et deux esgourdes tombant dans l’escarcelle d’un Ferrera visiblement comblé. Le quinto, à la motricité rapidement défaillante, a été protesté, le mouchoir vert lui faisant réintégrer les chiqueros. Sortit alors un suppléant qui poussa en deux assauts, avant une bonne paire casquée par Fernando Sánchez puis brindis à Paco Ureña suivi d’échanges quelque peu soporifiques, le toro manquant de vibrations dans ses charges, suivis toutefois de quelques instantanés qui firent davantage vibrer les étagères, le tout allant a más, avant hélas débâcle avec le verdugo qui faillit se conclure par la sonnerie d’un troisième avis, évité finalement de peu.

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Román (saluts et oreille) prit d’abord un adversaire qui sortit au pas, visiblement peu intéressé par les sollicitations, puis qui fila sur le réserve pour une première ration, suivie d’une autre sur le titulaire en s’employant. Deux coups de barrière sur le même banderillero puis brindis au conclave avec bonne entame en se ployant. Donnant la distance, Román s’engagea ensuite dans un trasteo relevé par quelques muletazos remarquables d’exécution et de temple, le bicho répétant à souhait. Face à cet animal incombustible, il passa le répertoire avant de pincher son premier recibir, puis de se faire durement secouer sur le second envoi. Bon capoteo de réception au sixième et après deux piques de brave, Román débuta bien par le haut, s’appliquant ensuite dans les échanges lors d’une faena bien conçue  qui manqua toutefois d’un poil supplémentaire d’alegría. Ce fut mieux dans ce domaine avec un final encimista qui fit grimper le thermomètre jusqu’à un desplante en jetant les trastos, suivi de luquecinas avant entière qui tarda à faire effet, ce qui finit par diviser l’opinion.

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Toñete (silence aux deux) ne dansa pas avec les plus belles ! Son premier s’invalida quelque peu et fut maintenu sous les protestations. Tercio de pliques sans grande histoire puis brindis au public d’un trasteo certes décidé, mais trop conduit à la voix et l’énergie. Faena volontaire rematée par entière. Avec celui qui ferma la (trop) longue marche, brindis à Antonio Ferrera d’une faena qui eut quelque mal à retenir l’intérêt de gradins de plus en plus clairsemés à l’heure du dîner… ou de l’apéro ! La décision et l’envie de Toñete ne sont pas en cause, mais visiblement la messe était dite et il eut le mérite de la conclure dans une position qui n’était pas la plus confortable.

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En matinée, devant environ demi-arène et par temps enfin ensoleillé, la novillada de Pagés-Mailhan a bénéficié de la bonne tenue de la plupart des novillos pour donner relief et crédibilité à une course qui a connu d’excellents moments de la part d’une terna qui a affiché de belles dispositions.

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Francisco de Manuel (vuelta puis silence) a pris en ouverture un toro distraído qui plus tard allait s’anoblir à la muleta. Donnant la distance, Francisco afficha son talent sur des muletazos élégants et templés, finissant par bernardinas au cordeau avant entière au second envoi. Il n’eut que le désavantage d’ouvrir la course, le public se montrant froid, alors qu’à mon humble avis, le novillero aurait mérité mieux qu’une simple vuelta. Réception agenouillée du quatrième avant une première pique protestée et une seconde pour la forme. Brindis aux étagères, réception à genoux avant faena aux accents classique, mais aux contours inégaux, le tout allant quelque peu a menos avant entière et descabello.

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Diego San Román (oreille et saluts) démarra avec un opposant qui prit deux piques à la réalisation qui n’était pas sans reproches, puis il brinda aux tendidos un labeur du plus bel effet dans son entame, en se fendant, suivi de séries harmonieusement conduites sur les deux rives. Comme à Roland Garros, applaudissements après les échanges, puis désarmé avant l’inévitable passage en mode circulaire inversée, puis final à genoux et entière. Avec le quinto, le Mexicain a été malmené au capote, Rafi s’illustrant après les piques sur un quite par zapopinas et rebolera. Cambio serré suivi de séquences ajustées au centre, sortant bousculé sur un remate, Diego passant agréablement le répertoire avant un final encimista un peu longuet. Entière d’effet rapide.

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El Rafi (deux oreilles puis silence) se montra appliqué au capote sur la réception de son premier qui alla deux fois au cheval, la seconde pour la forme, puis quite élégant de Francisco avant une bonne prestation de Marc Antoine Romero au second tercio puis un brindis à la gente. Deux cambios au centre, le premier bousculé, puis enchainements templés sur les deux bords, jusqu’aux luquecinas précédant un recibir qui cloua l’animal sans autre forme de procès. Le Nîmois ferma le ban avec un superbe castaño oscuro applaudi à sa sortie qui prit deux piques avant un salut de Morenito d’Arles au second tercio. Faena comprenant quelques bons passages conclue par final au plus près avant de sécher avec la ferraille.

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A l’issue de la course, Rafi reçut en piste le trophée de la Cape d’Or, remis par des membres de la Peña Antonio Ordóñez de Nîmes…

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VIC  

Triomphe de Thomas Dufau qui a coupé une oreille à chacun de ses adversaires de Cebada Gago…

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Samedi après-midi, deux tiers d’arène. Six toros de Cebada Gago

Octavio Chacón: saluts et palmas.

Rubén Pinar: silence et sifflets.

Thomas Dufau: une oreille, une oreille.

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Un hommage a été rendu à l’issue du paseo au matador Manolo Vanegas, le seul qui ait pris l’alternative à Vic, blessé grièvement lors d’une tienta.

Une bonne corrida de Cebada Gago, parfaitement présentée, basse, ronde et astifina ; dans le type et harmonieuse. Un plaisir pour les yeux que ces robes colorées, noirs, castaños avec même un magnifique sardo (ensabanado) en troisième. Au comportement, les Cebada ont eu leurs mérites. Ils ont pris une moyenne de trois piques en partant de loin, souvent mal accueillis par les cavaliers ; par la suite, il y eut deux toros de bonnes notes : les troisième et sixième ; le second avait aussi ses avantages ; dur, mais encasté le quatrième ; rétifs les cinquièmes et sixièmes. Le mayoral a salué à juste titre pour l’ensemble présenté…

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Octavio Chacón est tombé sur un lot complexe et peu amène. Le Gaditano a su résoudre avec sa classe habituelle les problèmes posés et, malgré le danger, a fini par imposer sa loi lors de ses deux passages. Il y a chez lui un mélange d’oficio et de classe qui en fait un torero rare. On a vu surtout ses capacités à son second passage face au Cebada le plus incommode de la soirée qui réservait ses charges, montant sur l’homme et ne se livrant jamais. Octavio ne s’est pas échappé. Il finit par imposer sa loi à l’animal. Dans d’autres mains, qu’en aurait-il été ? Son effort a-t-il été justement mesuré ? Hélas, il eut des difficultés à l’épée.

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On ne peut pas en dire autant de Rubén Pinar, pas dans le coup toute la soirée. Rubén n’a voulu voir aucun de ses deux adversaires. Il y avait à faire avec le premier, pourtant. Décentré, basto, toréant sur le voyage, sans jamais se centrer, il ne pesa pas sur ses toros et fut l’auteur d’un bajonazo piteux face à son second animal.

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Thomas Dufau est tombé sur le bon lot et notamment sur un excellent troisième toro. Il n’a pas laissé passer cette opportunité. Il mit un peu de temps à s’accorder à cet adversaire, mais il finit par en comprendre le rythme. Il y eut alors d’excellentes séries à droite comme à gauche. La faena baissa d’un ton par la suite, mais une belle épée lui permit de bien « remater » l’affaire et il coupa une première oreille. Il accueillit le dernier par de bonnes véroniques données dans un tempo qui laissait voir les possibilités du Cebada. Faena basée sur l’entrega, mais aussi, comme la première, composée de bonnes séries, courtes mais élégantes, données par le bas. Ainsi, on vit les progrès réalisés par le jeune Landais sous la houlette d’El Mangui, gourou de Sanlúcar où il s’est installé cet hiver. Thomas avait invité le maestro sanluqueño à le suivre et lui a brindé son toro en piste. Un geste sympathique, preuve de sa générosité. Le Landais a marqué hier un point important pour la suite de sa carrière qu’il peut envisager avec sérénité. Il a prouvé qu’il était un torero solide sur lequel on pouvait compter dans les grandes occasions.

En matinée, novillada de la Féria 2019.

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Quatre novillos d’El Retamar justes de forces et de caste, à l’exception du dernier.

Andrès Lagravère « El Galo » : silence, sifflets.

Dorian Canton : une oreille, une oreille.

Douze piques, cuadra García. Salut de Manolo de los Reyes au sixième.

4/10ème d’arène. Soleil et température agréable.

Une minute d’applaudissements à l’issue du paseo à la mémoire de personnalités du monde taurin disparues, dont Me Arnaud, président du Club Taurin Vicois et maire de la ville.

Novillada très bien présentée : lourde, haute et surtout armée comme il se doit dans ce fief du torisme gersois , c’est-à-dire pointu. Les Retamar auront été nobles dans l’ensemble, mais juste de force parfois et sans beaucoup de transmission et n’ont pas brillé à la pique. Le dernier aura été plus spectaculaire, mobile et finissant à más.

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On connaît l’histoire sentimentale qui lie « El Galo » à Vic, son père, Michel étant un enfant de la petite cité et ses grands-parents des piliers de la tauromachie locale. Andrés avait gagné sa place dans ce cénacle de plein droit ayant beaucoup toréé en Europe comme au Mexique. Il brilla à ses deux passages à la cape, avec notamment des chicuelinas « ceñidas »  et aux banderilles qu’il posa des deux côtés avec alegría. Il a marqué là sa personnalité mexicaine. Il fut par la suite moins brillant, moins bien servi au sorteo que Dorian. Deux faenas où, sans qu’il ne plie, il ne put s’imposer face à des adversaires souvent réticents. Bien qu’il tua avec difficulté, cette présentation locale d’Andrés est tout à fait digne et ne provoqua pas de critiques. On voit qu’il a du chemin à faire avec ce type de toros austères et exigeants que l’on aime dans le Sud-Ouest.

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Très bonne matinée pour Dorian Canton qui a levé tous les doutes que l’on pouvait avoir quant à son alternative bayonnaise. Serait-elle prématurée ? se demandait-on.  La réponse est non ! Devant deux novillos solides, armés et dont la conformité était proche d’un toro de quatre ans, Dorian s’est imposé sans difficulté. Il a montré qu’il avait beaucoup de maturité, du recours, de l’oficio, ce qui peut surprendre pour un jeune homme qui en définitive a peu toréé dans cette catégorie. Mais c’est au pied du mur que l’on voit le maçon. Il se distingua à la muleta plus qu’à la cape où on le vit cependant au second passage à son aise en véroniques.  A la muleta donc, très concentré, il s’imposa sans esbroufe avec deux travaux bien menés des deux côtés. Il termina son travail par deux estocades entières fulminantes qui à elles seules valaient un trophée. C’est un torero solide qui a besoin d’une opposition  consistante pour s’imposer. Ce qu’il fit en donnant l’impression d’une aisance rassurante pour l’avenir.  

(Pierre Vidal – coprridasi – Photos : Matthieu Saubion et NV)

MADRID

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Dans des arènes pratiquement pleines, et face à des toros d’El Capea et Carmen Lorenzo (même maison  - 2 et 4) donnant un jeu inégal, meilleurs les 2, 5 et 6, les deux centaures sont repartis conjointement a hombros par la Puerta Grande.

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Pablo Hermoso de Mendoza : silence, silence et deux oreilles.

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Léa Vicens : oreille, silence et oreille.

(Photos : Plaza 1)

 

Paul Hermé

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