Samedi 22 Février 2020
Mariano, Autres blessés, Escuela Taurina « Yiyo », Dax, Saint-Sever, ET Pays d’Arles…
Lundi, 14 Octobre 2019

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Bilan médical au sujet de l’effroyable cornada subie à Saragosse par Mariano de la Viña…

Ce lundi à la mi-journée, le docteur Carlos Val-Carreres a fait le point sur les soins apportés au banderillero d’Enrique Ponce. Ne nous leurrons pas, malgré la très longue et miraculeuse intervention de l’équipe médicale, Mariano a passé plusieurs heures entre la vie et la mort. Et selon les propres paroles du praticien qui dit avoir compris dès son entrée dans l’infirmerie que le banderillero allait très mal, la situation était plus que compromise. Pour l’heure, son état est toujours considéré comme très grave, même si l’intervention a été rassurante…

Bulletin médical :

Deux blessures par cornes et traumatisme craneoencéphalique.

Cornada au niveau du triangle de Scarpa avec un orifice d’entrée de 12 cm et deux trajectoires, une de 27 cm qui a arraché l’artère fémorale et qui a coupé l’artère iliaque externe, rupture des muscles sartorius et adducteur moyen.

Une seconde blessure par corne avec une orifice d’entrée de 8 cm dans la fesse gauche et une trajectoire ascendante de 22 cm avec pénétration dans le scrotum après avoir arraché l’artère iliaque interne gauche...

Afin de bien resituer le contexte de ce qu’ont vécu sur place ces dramatiques secondes, ci-dessous le récit émouvant rédigé à chaud par Jean-Charles Roux, de JCS Voyages…

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LA JOTA ROTADA

Il est de tradition en Aragon que lorsque le 6ème toro franchit la porte du toril, la banda locale joue la « Jota » et le public, en cadence, tape dans ses mains.

Aujourd’hui à Zaragoza, dans un moment d’extrême tension, le public fit taire l’orchestre par respect pour l’homme qui venait de tomber quelques instants avant.

La mort rôdait au dessus de la lentille du Coso de Misericordia.

Le 4, nommé «Sicriloso », portant le fer de Montalvo, avait, en moins de deux, attrapé Mariano de la Viña en lui infligeant plusieurs coups de corne. Le banderillero tournait comme une éolienne du village voisin de la Muella sur les cornes, le toro le frappait à la poitrine, dans le cou avec une violence rare.

Comme un pantin désarticulé, face contre terre, inanimé, le fidèle peón de Ponce se vidait de son sang et les traces sur le sable témoignaient de l’extrême gravité des faits.

Il venait de prendre un « tabaco », comme on dit.

Les maestros, peones et autres hommes de piste ne pouvaient dissimuler leurs visages déconfits suite à ces horribles secondes.

Une mare rouge apparaissait près d’un burladero, Miguel Ángel Perera s’empara du râteau d’un garçon de piste pour la faire disparaître avec l’aide d’un de ses peónes qui saupoudrait la piste de sciure. « Sicriloso », quant à lui, déambulait dans le ruedo la corne ensanglantée.

Les minutes qui s’ensuivirent furent irrespirables. Ponce, la mine déconfite, acheva l’animal. Le visage blême, il regagna les tablas avant de dissimuler son regard en pleurs derrière une serviette.

Juli prit les choses en mains au 5, mais l’ambiance était coupée. Ça sentait la cire et la mort. Les premières dépêches de l’Heraldo de Aragón faisaient état d’un arrêt cardiaque et de réanimation. Notre voisin annonça même la mort du sulbaterne quand, à l’issue du combat du 5, Ponce et Juli s’éclipsèrent tous les deux par la porte de l’infirmerie.

La tension était à son comble et la présidente, au lieu de s’asseoir sur son rigide règlement, aurait pu et dû suspendre la course, tant les hommes en piste n’avaient plus la foi, ni les jambes, pour continuer.

Au lieu de ça, et sans aucune sensibilité humaine, il fallut que ce soit le public qui fasse taire la Jota qui commençait à résonner à l’entrée du sixième. Un sixième qui sera vite renvoyé au toril pour cause de faiblesse et qui laissera sa place à un autre frère du même fer et aussi mauvais que ses congénères.

Celui-ci attrapa Perera au capote et lui infligea une cornada. Ponce, juste revenu de l’infirmerie, les yeux embués par les larmes et l’esprit perdu, le défia en torero, alors que le Juli se tenait en piste pour l’assister. Une image surréaliste, émouvante, angoissante d’autant plus que Jocho, l’autre subalterne de Ponce et compagnon de De la Viña, lidiait le toro avec le visage cireux, dévasté par l’émotion et aussi grave que celui du Conde de Orgaz peint par le Greco.

Une fois occis, tous les acteurs d’or et d’argent se dirigèrent vers l’infirmerie pour ne plus en ressortir. Les vigiles de la plaza nous demandaient d’évacuer les lieux sans savoir si Mariano était encore vivant ou pas. Jamais au grand jamais nous n’avions vécu des moments d’angoisse et d’anxiété aussi grands.

Heureusement, la Vierge du Pilar et les mains du Docteur Val Carreres ont fait le reste. A cette heure, Mariano vit encore.

Ojalá que demain les nouvelles puissent être encore rassurantes…

AUTRES BLESSÉS

Pour Miguel Ángel Perera, également blessé lors de cette corrida par une cornada de deux trajectoires de 20 et 4 cm dans la cuisse gauche, les nouvelles sont rassurantes puisqu’il a passé une nuit tranquille, sa blessure présentant un bon aspect et les drainages fonctionnant correctement.

Le banderillero José María Soler, lui aussi blessé à Saragosse, a pu rejoindre Algeciras où il passera des examens pour établir exactement le niveau de ses blessures au scaphoïde et son ménisque gauches.

Gravement blessé récemment à Las Ventas, l’état de santé de Gonzalo Cabellero semble évoluer favorablement, au point que la sédation et la respiration artificielle ont été supprimées.

Blessé au moment de tuer lors de sa première corrida du Pilar, Enrique Ponce souffre d’une fracture de la huitième côte gauche…

Enfin, à La Peza, le banderillero Rubén García Pérez a été blessé lors de la pose d’une paire de banderilles, cornada au niveau du pectoral droit de deux trajectoires de 6 et 18 cm, avec notamment dégâts thoraciques. Pronostic peu grave.

Evidemment, Torofiesta souhaite à tous une prompte et complète récupération, avec une pensée spéciale pour Mariano, le plus touché… et adresse un énorme enhorabuena au docteur Val-Carreras et son équipe. D’authentiques magiciens…

ESCUELA TAURINA « YIYO »

Rencontre avec Miguel Rodríguez, ex-matador madrilène qui dirige à présent l’école taurine de Madrid…

Après avoir assisté à l’intégralité de la Feria de Otoño de Madrid, j’ai rencontré Miguel Rodríguez avant de rejoindre mes bases, afin d’en savoir un peu plus sur le fonctionnement de l’école taurine portant le nom, et ce n’est pas un hasard, de « Yiyo », jeune figura trop tôt disparue dans les années 80…

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Liée au contexte politique actuel, cette école, supervisée par El Fundi et dont les cours et l’animation sont assurés par Miguel Rodríguez et Rafael de Julia, a subi pas mal de soubresauts, écornant au passage l’image que l’on pouvait longtemps s’en faire au Batán, dans la fameuse Casa de Campo… Mais tout cela a pris un sacré coup de vieux si l’on considère qu’il s’agissait là d’une structure à charge de la municipalité qui ces dernières années comprend à sa tête des dirigeants dont la seule vue d’un toro de lidia donne des boutons ! Relation de cause à effet, pour sauver les meubles, il a fallu imaginer d’autres solutions de fonctionnement et c’est la Comunidad, sorte de Conseil Général, bien plus favorable à la cause taurine, qui a tendu la main et qui a apporté un soutien considérable pour lui permettre de fonctionner. A commencer par une unité de lieu dont elle est responsable, la plaza de toros de Las Ventas, où d’ailleurs, l’école est aussi activement soutenue par l’empresa…

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« Nous avons actuellement 80 élèves qui viennent un petit peu de partout, la plupart de plusieurs régions d’Espagne, mais aussi du Mexique ou du Pérou. Pour être admis, le principal critère est la volonté de devenir torero. C’est possible à partie de neuf ans, comme Fernandito, notre plus jeune élève actuellement.  On leur demande évidemment bien sûr un certificat médical et l’autorisation des parents que nous recevons pour leur expliquer la formation que l’on propose aux jeunes élèves, l’esprit et le fonctionnement de l’école. On tient à se rendre compte rapidement de leur niveau, leurs dispositions, avec le toreo de salon, mais aussi au campo, un peu comme une évaluation. Mais on ne refuse personne car tout le monde a le droit de devenir torero, ou du moins d’essayer, et c’est à nous de le leur apprendre. Certes, s’ils ne sont pas tous égaux, il y en a pas mal recelant de bonnes dispositions et la sélection naturelle s’opérera ensuite peu à peu avec les premières novilladas.

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Concernant le fonctionnement, les cours ont lieu à la Monumental de Las Ventas, à l’intérieur pour les cours et la partie physique, et  dans le ruedo pour les évolutions en toreo de salon. D’habitude, il y a davantage d’élèves, mais aujourd’hui, beaucoup sont absents car il y a une novillada dans un pueblo de la zone et ils s’y sont rendus. L’observation est aussi un bon moyen d’apprentissage… Tous les jours de la semaine, les élèves se retrouvent ici de 17 à 20h, et le samedi de 10 à 13h. Durant ces trois heures, il y a toujours une partie d’entrainement physique puis de toreo de salon. Le programme est planifié, par exemple le mardi et le jeudi, un professeur de gymnastique est avec eux pour des séances axées particulièrement sur les mouvements et gestes du torero, ce qui est professionnellement très important. Autre chose, le mercredi, un professeur, Joaquín López Ramos, leur explique tout ce qui concerne le toro,  son histoire, les ganaderías, leur évolution, les encastes, sa morphologie… Le dimanche, nos apprentis toreros reviennent ici car ils peuvent assister à toutes les courses gratuitement !

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D’autres interventions concernant la culture sont aussi organisées, notamment les rendez-vous avec le journaliste Paco Aguado qui évoque l’histoire de la tauromachie afin que les élèves ressentent et connaissent la liturgie relative à cette profession. De façon plus générale, tous les professionnels de divers secteurs passent chez nous, que ce soit des matadors ou des piqueros, banderilleros, mozos de espadas, bref tous ceux qui font partie des différents secteurs liés à la corrida. 

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En outre, nous avons le privilège d’être bien soutenus par la Comunidad pour tout ce qui est administratif et aussi pratique avec notamment la mise à disposition des arènes, mais aussi de l’empresa Plaza 1 qui en relation avec le cahier des charges, nous offre deux cents vaches, des becerradas dans la zone, ainsi que la possibilité d’échanges dans d’autres arènes avec pas mal d’écoles taurines. Sans tout cela, ce serait évidemment très compliqué, pour ne pas dire impossible.

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Je dois encore souligner qu’un autre grand avantage dont je ne crois pas que bénéficient les autres, c’est que Plaza 1 nous offre chaque année quinze postes de novilladas avec picadors pour les élèves les plus en vue qui débutent en piquée ! Ce fut le cas récemment pour Diego San Román et Fernando Plaza, ce qui a contribué à leur lancement…

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Il faut savoir également que les élèves participent à hauteur d’une cotisation de 20 € par mois, une somme modique si l’on considère tous les avantages que ça leur procure puisque ça leur permet de ne rien payer par la suite, ni les cours, les entrées aux arènes, les frais de déplacement, avec encore bien d’autres avantages matériels…

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Evidemment, nous avons tous les niveaux, certains étant très avancés, j’en veux pour preuve les deux qui participeront dimanche prochain ici-même à la finale de la compétition « Camino Hacia Las Ventas », Álvaro Burdiel et Marcos del Rincón ! (NDLR : Álvaro Burdiel, est sorti a hombros par la Puerta Grande de Las Ventas. Un beau succès pour l’école taurine locale !)… La sélection pour cette épreuve passe durant l’été par plusieurs novilladas dans des pueblos des environs de Madrid et c’est de là que sortent les trois aspirants retenus pour la finale. Pour revenir sur le fonctionnement, nous avons un calendrier de courses et de rencontres, comme celle de Málaga, ces compétitions et ces échanges sont évidemment très importants.

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Si mon rôle me plait ? Bien entendu, ça m’enchante d’autant plus que j’ai commencé comme Fernandito, notre plus jeune élève, à la Casa de Campo alors que j’avais comme lui neuf ans ! Ça me ramène à ma trajectoire et pour moi, c’est très important et agréable à présent de transmettre aux plus jeunes ce que je sais du toreo ! Franchement, c’est très gratifiant en définitive… on n’a jamais fini d’apprendre !!!

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Concernant nos élèves, je dis souvent aux parents qu’indépendamment du fait qu’ils pourront percer un jour et même devenir figuras del toreo, ce qui serait quasiment un miracle, je peux leur garantir que la tauromachie génère des valeurs très importantes qu’ils vont apprendre ici, des valeurs que la société ne leur apprend pratiquement plus ! Cette discipline de sacrifice, de respect, de volonté, représente un autre monde pour ces jeunes… et leurs parents nous en remercient !

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J’ai eu bien sûr vent de ce qui se passe chez vous concernant la jeunesse et la volonté affichée par certains de prohiber leur accès aux arènes. Ici, la situation est compliquée aussi car malheureusement, la politique est un facteur très important et agressif, comme on a pu le constater chez nous avec ce qui s’est passé pour la Casa de Campo…

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Toutefois, je reste quelque part confiant dans la mesure où je pense que l’on apporte beaucoup à ces jeunes dans leur manière d’être et de se comporter et si nous sommes capables de montrer ce côté positif, ce qu’il y a de beau dans cette profession et toutes les belles choses qu’elle comporte, tout ira mieux.  Il faut savourer ce que l’on a et enseigner en parlant avec passion et illusion car s’il y a des choses que l’on aimerait améliorer, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une profession véhiculant des valeurs formidables, c’est pourquoi il faut s’attacher à les transmettre ! C’est pour ça que je pense que personne ne pourra nous les enlever… »

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Retour sur la « manif » dominicale de Dax…

Plus qu’une mobilisation, une démonstration…

L’appel à la mobilisation des aficionados du Sud-ouest contre l’interdiction des arènes aux mineurs a été un franc succès. Belle réussite quand on sait qu’il s’agit d’une proposition de projet de loi qui a encore beaucoup de chemins à parcourir et de barrières à franchir avant d’être mis à l’ordre du jour de nos chers députés.

Cela démontre la mauvaise influence de Walt Disney sur deux femmes complètement déconnectées du monde réel. Elles ont complètement oublié que toute espèce animale devient agressive si on touche à sa progéniture.

Si on s’en prend à la corrida, l’aficionado grogne, si on s’en prend en plus à ses enfants, il mord.

Ces deux braves dames feraient bien de relire Masslow pour qui le besoin de transmettre est un besoin fondamental de notre espèce.

Elles ont réussi à faire ce que leurs congénères du Crac n’ont fait qu’à moitié. Créer parmi les aficionados un mouvement unitaire  partant de la base (merci mille fois à Benoit Persillon et son groupe facebook « Aficion Gascogne Occitanie », et appuyé par les élus locaux, l’UVTF et l’ONCT).

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Mieux, et on devrait les en remercier, elles ont apporté la preuve que voir des corridas contribuait à former des jeunes gens équilibrés, structurés dans leur réflexion et leur discours.

Nous le savions, nous aficionados, qui avons été initiés souvent dès notre plus jeune âge à la tauromachie.

Nous le savions aussi quand nous rencontrons les élèves d’Adour Aficion, tous si courtois et bien élevés et qui sont tous aussi brillants collégiens ou étudiants qu’ils sont courageux face au bétail brave.

La mobilisation des jeunes aficionados du Sud-est a montré combien ils étaient capables de s’organiser pour défendre leur Aficion.

Mais la plus belle démonstration des effets bénéfiques de l’Aficion sur les jeunes nous a été faite par les deux représentantes des jeunes aficionados du Sud-ouest. Passionnées, s’exprimant dans un français parfait, ayant un discours structuré avec une argumentation pertinente, elles ont prouvé qu’il y avait une jeunesse capable de se mobiliser pour défendre sa culture. Il y a une jeunesse équilibrée, impliquée, cultivée et qui n’est pas avachie devant Smartphone et consoles ou ordinateurs. Ce sont ces enfants à qui nous avons transmis, sans l’aide des conseils de dames patronnesses bien pensantes, nos valeurs morales, culturelles et taurines.

C Q F D, Mesdames les députées !

(RT – Corridasi)

SAINT-SEVER

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Paul Hermé

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