Mardi 10 Décembre 2019
Labarthe, Rion, Occitanie…
Samedi, 16 Novembre 2019

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Rencontre avec Denis Labarthe lors d’un tentadero à la ganadería Sainte-Cécile…

La semaine dernière, j’ai été convié à assister en petit comité à la lidia de deux novillos par Denis Labarthe chez l’éleveur Michel Megias, accompagné notamment par son ami Richard Milian et son mozo David Bouquet et entouré par David Romero, Marco Leal et Miguelito, ainsi que Mathias Forestier sur le cheval. Un bon moment de torería de la part d’un passionné venu de Soustons qui dès qu’il le peut, passe son temps dans un ruedo avec capotes et muletas…

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- Denis, comment t’es venu cet engouement pour la tauromachie ?

La première fois que j’ai vu une course qui m’a donné envie de me mettre devant un toro, c’était à Soustons un jour où Richard Milian toréait. J’étais avec mon grand-père qui était aficionado et qui allait chaque année voir des corridas à Bayonne et qui, bien sûr, ne manquait pas la novillada de Soustons. J’étais ébloui et en outre, j’ai fait la connaissance d’Henri Canelas, figura locale de la course landaise en tant qu’écarteur, dont les arènes portent à présent son nom. Pour l’anecdote, Manuel Benítez « El Cordobés » a offert un jour une muleta à un aficionado assis en barrera. C’était justement à Henri Canelas ! Alors que l’on ne se connaissait pas, il m’a emmené un jour chez lui, à la rue du Toro  - c’est moi qui l’avait baptisée ainsi ! -  où d’ailleurs Nimeño II allait s’habiller. Et là, il m’a fait toucher la muleta du Cordobés ! J’avais l’impression de toucher le Saint Graal !!! Et à partir de là, je me voyais dans les toros…

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- Comment est-ce devenu vraiment une réalité ?

Après, j’ai connu ceux qui dans ma région, comme moi, voulaient être toreros. On était au milieu des années 80 et là, il s’est passé quelque chose comme un véritable facteur déclenchant, lors d’un mano a mano en tentadero aux arènes de Lachepaillet entre Antoñete et Curro Vázquez, avec des vaches d’Amparo. Je me suis « imposé » au maestro Antoñete, j’étais à l’hôtel Amacho, j’avais environ quinze ans et je n’avais jamais goûté d’Armagnac. Pour parvenir à l’approcher, je lui en ai offert un ! J’étais arrivé à l’hôtel en calzonas, comme les écarteurs landais, que j’avais fait teindre en noir… Je ne pensais pas que cet homme là allait changer ma vie dans le quart d’heure qui allait suivre…

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- Que s’est-il exactement passé qui ait pu avoir tant d’importance pour toi ?

Quand je suis arrivé aux arènes, elles étaient abondamment garnies, environ aux trois quarts, j’étais le petit Soustonnais dans mon coin, et le maestro Antoñete, qui a vu que sa première vache était bonne, cherchait visiblement quelqu’un. Je ne savais pas encore qu’il s’agissait de moi !  Il s’est approché et m’a tendu sa muleta en me disant dans sa langue que c’était à moi ! Je ne parlais pas alors espagnol et André Viard, qui était à côté, m’a dit que c’était pour moi… Et là, j’ai pégué les quatre naturelles de ma vie !

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- Quelle a été la réaction du maestro ?

En sortant des arènes, je ne savais pas ce qui allait se passer, et Antoñete, qui était copain avec André Viard, a suggéré de me faire débuter en non piquée, ce que j’ai fait le mois d’après à Pouillon. En fait, j’ai fait mes débuts grâce à ces quatre naturelles que j’ai données à une vache à Bayonne ! C’est ça, la magie du toreo…

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- Tu t’es donc retrouvé en habits de lumières…

Oui, avec à mes côtés Christophe Aïzpurua, Xavier Milian et Gilles Raoux, et crois-moi, ça m’a paru très bizarre ! Ils avaient des costumes neufs, alors que moi j’en portais un que l’on m’avait prêté, avec des chaussettes que j’avais teint en rose !

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- Mais tu es tout de même parvenu à toréer plus tard en novillada piquée…

Oui, et c’est toujours André qui m’a fait toréer plus tard à Soustons ! C’étai Luc Jalabert qui dirigeait les arènes, et il m’avait mis dans de bonnes conditions. Ensuite, j’ai aussi toréé à Magescq et le souci, même si ça ne me dérangeait pas d’être engagé dans des novilladas fortes, c’est que j’ai vraiment un grand respect du toro. Ou je peux et je le fais, ou je ne peux pas et je ne le fais pas ! Je pouvais continuer, mais ça m’aurait alors demandé de l’argent pour tuer des toros en privé ! Une chose a été déterminante pour moi, c’est que j’étais alors soutien de famille. J’étais maçon, je gagnais le SMIC et un temps, j’ai préféré nourrir ma famille plutôt que ma passion ! Mais elle était toujours restée au fond de moi…

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- Est-ce que tu as pensé à un moment à prendre l’alternative ?

- Franchement, des fois, oui ! Quand je discute avec des matadors, j’ai la sensation que j’aurais pu parler si j’avais été moi-même matador ! Or, je ne le suis pas et c’est un peu frustrant… Mais Dieu a décidé que c’était comme ça et même si ça crée une hiérarchie, je me sens bien quand je suis au contact de matadors.

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- Quelle est ta position actuelle ?

Tout en travaillant à côté, je pense continuellement au toro et lorsque l’occasion m’en est donnée, je sors les trastos pour étancher ma soif de toreo ! J’adore le campo, le toro et tout ce qu’il dégage, je pense toujours à lui et je ne manque pas une opportunité de l’affronter. Par exemple, le 30 novembre, pour mon anniversaire, je lidierai un toro de Casanueva ! J’ai déjà pu assister à une sortie du bétail de la rame El Torreón, de César Rincón, et je suis sûr qu’en piquée, ils vont donner encore plus que les erales ! On verra le 30 novembre, mais je crois beaucoup à Casanueva, surtout la souche Torreón !

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- Tu es venu aujourd’hui avec Richard… Que représente-t-il pour toi ?

Richard, c’est plus que l’ami de toujours, c’est un frère, c’est fusionnel. Une fois, on s’est malheureusement séparés pas longtemps - en n’étant pas fâchés -, mais je dirais plutôt que l’on a eu un égarement ! Quand on s’est retrouvé, ça a été autour du travail, de l’effort, du sacrifice, du toro, et on a toujours savouré une bière après un dur labeur ! Richard se donne toujours à fond pour des choses fondamentalement humaines, on se connait très bien, on n’a pas besoin de se parler longtemps pour se comprendre ! D’un seul regard, il m’a compris…

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- -D’autres personnes semblent avoir de l’importance pour toi…

Oui, bien sûr, notamment David Bouquet, mon fidèle mozo, mais aussi Marco Leal, que je considère comme mon petit frère. Il est le plus proche avec Richard, bien entendu. Deux personnes pour moi incontournables et je ne fais rien sans eux… Cela dit, j’apprécie beaucoup d’autres membres du milieu taurin, comme on a pu le voir aujourd’hui avec l’éleveur, David Romero et Miguelito. En fait, je n’ai pas d’ennemis, du moins je ne crois pas en voir. Et si j’en ai, j’aimerais avoir des vrais qui ont du répondant, or je n’en ai pas qui en aient !

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- Je crois savoir que ça concerne aussi votre activité professionnelle, non ?

Effectivement, Richard a sa société et il sous-traite avec moi. On fait de l’élagage et il m’arrive de grimper très haut dans les arbres. On n’a peur de rien ensemble, on ne se plaint jamais, on affronte les intempéries et quand j’en vois qui se plaignent sans arrêt de leurs conditions pour des raisons plus ou moins valables, ce n’est pas notre cas. Nous, on est plutôt toujours avec le sourire, en étant soudés à la vie à la mort ! C’est vraiment l’incontournable de ma vie… Un rond-point où il n’y a pas de sortie ! Tout me ramène à lui. On apprend encore l’un de l’autre, c’est fabuleux ! C’est peut-être aussi parce que l’on se joue la vie tous les jours. Ça ne s’explique pas, ça se ressent…

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- Avec ton dynamisme et ta force de conviction, je t’aurais bien vu toi aussi à la tête d’une école taurine…

- Oui, j’ai d’ailleurs tenté l’expérience , mais ça ne s’est pas très bien passé et en définitive, j’ai préféré vivre ma passion autrement tout en restant près des jeunes et gens que j'apprécie. Au fond, selon moi, il n’y a chez nous qu’une seule école, c’est bel et bien celle de Richard !

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- Cette fameuse transmission est actuellement sur le grill…

Oui, elle est fondamentale et je vis comme une frustration de ne pas donner assez le peu de savoir que j’ai et le peu de temps libre que j’aimerais consacrer à des gamins. Il m’est difficile de le faire en première ligne car je suis une éponge et je les considère comme mes enfants ! En revanche, je devais tuer deux toros ici, mais le temps et le travail ne m’ont pas donné l’occasion de la faire. Je les ai alors offerts à Jean-Baptiste Luc et Baptiste Cissé, ce qui est ma façon de contribuer à aider les jeunes dans leur progression. Et d’une manière ou d’une autre, je vais continuer à le faire pour d’autres élèves de Richard. Pour moi, c’est le vrai messager de la profession, des valeurs de la profession ! Etre torero, ce n’est pas que porter un costume de lumières et faire le beau à cinq heures de l’après-midi en arrivant avec la dernière voiture rutilante ! C’est aussi celui qui est capable de transpirer, d’avoir du sang sur son costume et de se dire que demain, il fera encore mieux. C'est pourquoi avec Richard et pour Richard, je donnerai toujours ma vie et mon temps libre !

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Un bien bel angle de vue du toreo de la part d’un personnage aussi généreux que valeureux, autant sur les cimes que face à un toro… Suerte, Maestro !!!

RION

Malgré les conditions climatiques défavorables, LA FIESTA CAMPERA DE RION DES LANDES DE DIMANCHE EST MAINTENUE.

Nous vous rappelons que tous les gradins des arènes de RION DES LANDES sont couverts.

De plus, une accalmie importante est annoncée pour dimanche matin…

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(Communiqué)

OCCITANIE

Lors de l’Assemblée Plénière de la Région Occitanie-Pyrénées-Méditerranée (pas moins !), le vœu du groupe écologiste EELV d’approuver le projet d’interdiction d’arènes aux mineurs de seize ans a été rejeté par 80% des présents. Olé !

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Paul Hermé

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soler 2017

Affiches / Cartels