Mardi 18 Mai 2021
Curro Romero

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A propos de Curro Romero et du Domingo de Resurrección…

 UN DIMANCHE DE PÂQUES

Curro Romero, le dimanche de Pâques, ne se tapait pas sa belle mère à table pour « rousiguer » l’agneau pascal…

Lui, son repas du dimanche de résurrection, il le partageait dans la Maestranza avec des « agneaux » de Benítez Cubero, Urquijo, Gabriel Rojas et autres Juan Pedro.

De 1959 à 2000, le Pharaon a traversé le ruedo du Baratillo à 23 reprises. Les Sévillans, avec l’humour qu’on leur connaît, n’hésitaient pas à dire qu’après la sortie du dernier paso de cette longue semaine sainte, en l’occurrence celui de la Virgen de la Aurora, il restait celui del « Cristo del Romero » le dimanche après-midi !

Curro, selon un aficionado inféodé au romerisme, traversait au paseo le ruedo maestrante en 53 pas et demi et, disait-il, une fois qu’il avait vu ça, il pouvait partir !

Il avait bien raison, le bougre, car Curro en 23 paseos n’a jamais coupé une oreille. Nenni, que tchi, que dale, nada.

Le Pharaon ne voulait sans doute pas voler la vedette à Jésus et préférait reporter sa résurrection à plus tard, mettant de fait les costaleros, bien sollicités en cette semaine sainte, au chômage technique !

Cette corrida du dimanche de résurrection est devenue au fil du temps le rendez-vous des figuras, mais ce ne fut pas le cas tout le temps.

Curro y fit sa présentation en 69, mais fut absent des affiches de 72 à 78. Durant cette période les « segundones » étaient programmés et les figuras se réservaient pour les affiches de la feria.

Début des années 80, avec le retour aux ruedos de Manolo Vázquez, les choses changèrent et les vedettes s’invitèrent à ce banquet qui devint plus mondain. Cette corrida fut l’occasion à certains de passer au stade supérieur en prenant l’alternative.

Les Pepe Luis Vargas, Pepe Luis Vázquez, Lucio Sandín, Martín Pareja Obregón ou encore Julito Aparicio y furent intronisés.

On le sait tous, Curro Romero ne faisait pas dans le baroque. Son credo à lui, c’était la Véronique accompagnée de la demie, le derechazo, la naturelle et les trincheras avec leurs dérivés. « Fuera » la manoletina, le toreo en rond, de dos et sans fin.

On note toutefois quelques excentricités ; un jour (23 avril 64), il puntilla lui-même son toro dans la Maestranza et, lors d’un festival à Tarifa, il troqua la muleta par le capote pour entrer à matar (72).

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Le 22 avril 1978, en pleine féria, il est au cartel en compagnie de Galloso et Manolo Arruza face à une corrida du Marquis de Domecq. La veille, Nimeño avait fait sa présentation et Paquirri avait subi une terrible cornada. Ce jour-là donc, dans l’indifférence quasi générale, Curro torea avec une muleta ornée de pompons (madroños) et dentelles (encajes). Un détail qui échappa au revistero de la revue Toros et même aux plus grands « Curristes » présents ce jour.

Pour se faire confirmer la véracité de ce cliché, il fallait aller demander à la source et donc au maestro lui-même.

Par l’intermédiaire de notre ami Fernando Anteciano, président de la Peña Curro Romero d’Ecija, Curro nous confirma hier soir, avoir bien utilisé cette muleta originale ce jour là, mais comme le toro l’avait enganché trop de fois, il avait abandonné de toréer avec ! Il sortit sous la bronca.

Un jour, un vendeur de coussins de la Maestranza affirma : « le jour où Curro est au cartel, nous vendons beaucoup plus de coussins !». Ce jour-là, il avait dû faire son beurre, la Maestranza en était couverte !!!

Jean-Charles Roux (JCS Voyages)

 

Paul Hermé

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Affiches / Cartels

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