Dimanche 16 Mai 2021
DIVAGATIONS DE PATRICE

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Etranges palliatifs (2)...

Je dois à Lucien Tien Orlewski «Chinito», matador de toros por la gracia de Dios, la deuxième illustration de ces étranges médicaments.

Il y a bien longtemps, le «Chino» m’avait délicieusement fait remarquer : «Quiot, ta guibole, elle ne te sert à rien ; tu devrais te la faire couper… ».

« Ma foi !!! » comme disait Hubert Yonnet…

Partant de là et le skaï de Skye aidant, on se mit à parler des membres fantômes, tu sais ces membres que tu n’as plu, mais que tu crois toujours avoir et qui te font mal.

« Mais, disais-je, comment une absence peut faire mal ? ».

Remarque, quand le matin il n’y a pas de café dans le placard de la cuisine, quand Nîmes Olympique n’en met pas un ou quand tu as perdu l’abono à 555€, duele mucho, non ?

« Si, si, c’est possible, les terminaisons nerveuses, les connexions synaptiques... » reprenaient les commensaux.

En un mot, tout ce que n’ont pas ces ensuqués de Neymar et de Trump, mais qu’ont en un mode défaillant ceux qui sont allergiques au gluten et à Talavante, se régalent de tofu, manifestent à Rodilhan et qui taguent la statue de Christian.

Mais si c’est possible, alors ça va.

Aussi, partant de ce postulat, je me mis à penser que ce serait drôlement rigolo d’aller à la pharmacie en face de « La Petite Bourse» et de dire au potard de service :

« Docteur, j’ai mal à une main qui n’existe plus ; j’ai en quelque sorte mal à un rien. Auriez-vous par hasard un médicament pour soulager une douleur au rien ? »

Un peu comme quand tu as lu Francis Wolff.

Je suis certain que le potard doit en avoir de la poutingue pour lutter contre le mal au rien et certain aussi que cette poutingue contre le mal au rien ne coûte pas 499.000 pesetas.

La prochaine fois que j’irai y faire un tour, je lui demanderai au potard.   Je dois à Joëlle, qui, dans une vie antérieure exerça la belle et fort rémunératrice profession de visiteuse médicale, la dernière illustration  de ces étranges médicaments.

Dans son lexique châtié et exempt des brumes épaisses du malt écossais, J nous expliqua l’effet placebo et nous démontra avec exemples à l’appui le caractère curatif radical des petites boules de pain dans le traitement des maladies.

Putain, tu te rends compte.

Tu as mal à ta main fantôme, tu vas acheter une baguette à la boulangerie de la rue Fresque, tu  te confectionnes une paire de boulettes avec la mie, tu les avales et, beou, tu n’as plus mal !

Il paraît que c’est psychologique.

C’est un peu comme quand tu écoutes «La sonate pour piano n°11» de Wolfgang Amadeus juste après le «Nîmes» d’Isabelle Léon, que tu te repasses la demi véronique de Morante à Séville le quinze avril 2013 au toro de Nuñez del Cuvillo après être tombé sur une vieille vidéo d’un quite de Cosme Saenz à Vic-Fezensac en 1976 ou que tu bois un jaunâtre avec Arlette après t’être farci  une conférence de Robert Bérard...

C’est pourtant vrai que ça marche.

C’est psychologique, parait-il….

« Ma foi !!! » comme disait Hubert…

En plus, ce n’est pas pour autant que les baguettes dont tu te sers pour faire les boulettes soient plus chères que les autres.

C’est incroyable non ?

Ce qui me surprend quand même c’est que plutôt que l’audífono Siemens à 499.000 pesetas, Mémère Prothésiste ne m’ait pas conseillé de m’enquiller une boulette de pain dans chacune de mes oreilles.

Je suis cependant persuadé qu’en attendant la livraison de la poutingue qui va bien pour enlever le mal au rien, le potard me conseillera de frotter ma pauvre guibole avec une demi-baguette afin de bénéficier des vertus miracle du produit du mitron…

... Qui, selon ce que m’a confié ce matin au téléphone l’excellent Del Moral, serait l’amant de sa femme.

Ce vendredi-là, je me suis couché avec trois grammes...

Patrice Quiot

 

Paul Hermé

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