Lundi 17 Mai 2021
DIVAGATIONS DE PATRICE

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Cartelazo de Toril Bas...

 Freddy Guiot : Une moustache qui coupe un visage sec et presque ancien ; des yeux en lunette et une voix comme un  contremaitre, une minceur dure comme pas vraiment rassasiée ; des idées comme de larges coupons de tissus et des décisions en ciseaux pour les couper ; des envies de loin et des affections de même, une volonté de faire, un rire en dents de cannibale. Et des kilomètres de projets en  voulant ignorer les pannes.

Madeleine «Mado» Paradis : Un nom presque comme celui d’une strip-teaseuse; une gouaille liturgique, un accent de tellines ; un pecho por delante, des yeux pour tuer, une bouche qui parle, des mains d’ongles peints en estrambord, le cocker «Pacha», une liberté de dire et encore plus de faire au-delà de l’établie convenance. Et Sébastien Garnier, son fils, au «Plaisirs des Halles» de la rue Littré.

Lucien Orlewski : La rue Dorée de Ma’ et les toros dès huit ans, son premier novillo tué quand il en avait seize, début con caballos à dix-neuf, alternative au bord de la mer, confirmation dans la cathédrale et despedida sur le sable d’ici. Discret et réservé, intelligence sèche, yeux de naja mutin observant et enregistrant tout ; parlant peu et toréant singulièrement bien, il ramenait la tauromachie à ce qu’elle avait d’essentiel. Lucien : Une façon et un repère pour beaucoup d’aspirants toreros ; «Chinito » : Une infinie nostalgie pour moi.

Marius Rodriguez : La rue Roussy et le bar où on indultait la nuit ; de Geneviève et de la Cathy de Maxime, du patio du fond à l’écran des férias espagnoles, des babies de skaï et du pain andalou, de la chaise devant le «Méditerranée» à l’asiento à la plaza. Forever dans la mémoire, une voix à l’accent nôtre et au son rauque du tabac.

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Alain Fesquet : Petit fils de Ferdinand, fils de Claudette et de Robert, cousin de Lulu Bodrero et de Loulou Petit. D’Aymé à Casas, du Mont Margarot aux arènes, du longuet au caladon. Une généalogie nimeña de pura sepa.

Marc Patatut : De la boucherie du papa à Elisabeth Bastide et des Halles à Caissargues ; du troquet de la rue Vouland derrière l’église St-Paul du mariage de Mourousi aux lunettes Ray-Ban d’acteur amerloque pour une allure débonnaire et barbe grisonnante. Une carrure d’esprit frondeur, un cœur de géant.

Albert Crégut : Une force de bulldozer défonçant la garrigue, la solidité d’une pelleteuse excavant souvenirs anciens des cartons de la «Peña Antonio Ordóñez» d’Adrien Gauthier, la callosité de cairon d’un patron d’entreprise, une résolution de gravier et de sable, la solidité de mortier d’une poignée de main. Un rire de faune dans la fumée bleue d’un Havane.

Pierre Dupuy : Un nom d’équilibre comme la plaque minéralogique de l’appartenance à une terre ; un visage lisse de rides et une bouche fine pour raconter des histoires ; une allure de prince du Félibrige de l’écriture taurine, un pull-over en cachemire sur les épaules ; une fidélité aux traditions et une douce réticence au changement ; un  ancien directeur d’une revue  vieille de quatre-vingt-quinze années et  de deux mille numéros. Comme autant d’oreilles.

Fortuné Chabrier : Cheveux blanc et  visage gris bleu ; des traits comme un Inca rescapé des lanciers de Francisco Pizarro. Un questionnement sur la mort. Une interrogation sur la vie.

Victor Lebre : Médecin de Jeanne Calment et un air d’Hemingway du quartier de Mouleyre, une passion pour la musique classique, les toros et le bridge, « ressusciteur » merveilleux de Pierre Pouly auquel, espadon de la Méditerranée, il avait injecté la dose qui allait bien, barbe comme une incantation au soleil de la vie. Des mains à réparer les cœurs et des yeux d’une intelligente gentillesse.

Michèle Catala : L’Algérie de nos origines, le blond de la chevelure, la passion ojediste, une faena au son de «Paquito El Chocolatero», une sevillana de «Los Marismeños», les fringues blanches et les ongles rouges en barrera. Nîmes bien sûr, mais aussi Béziers du plateau de Valras et «Planète Corrida». Avec Jean-Paul Deruy, là-haut, au-dessus de la «Grande Bourse» pour un apéro d’après corrida.

Christian Chalvet : Une bible, un évangéliste, un prédicateur ; un collectionneur de souvenirs et un gourmandas de la vie ; hooligan des rouge et blanc, de Jean Bouin aux Costières, de Pircalab et Mézy à Ripart ; dévot de JJP, il est le séquestre d’une amitié en couleur ; rouge et vert pour Nîmes et bleu et blanc pour Jerez. Christian en un quite pour ce «Cartelazo... », Chalvet, un ami de toute la vie et le souvenir de son père. Parbleu.

Moi : En veste et cravate. Au milieu d’eux tous,

Compartiendo cartel.

Patrice Quiot

 

Paul Hermé

soler 2017

Affiches / Cartels

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