Lundi 19 Avril 2021
PATRICE
Jeudi, 18 Mars 2021

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LOI : « Le cheval de pique au travers des différents règlements taurins (2)...

 Le règlement de 1930

Il nous éclaire sur le choix de ces toiles dont la couleur doit être similaire à celle du sable de la piste. Au nombre de six minimum, elles devront être de format suffisant et maintenues en place par l’apposition de huit plombs (un à chaque angle et au milieu des côtés).

Quatre chevaux par taureau sont nécessaires, deux de moins qu’en 1917… On peut penser que le caparaçon fait son office. La taille minimale est remontée à 1,47 mètre et on instaure un poids minimal de 450 kilos. Cette augmentation de format du cheval est nécessaire pour supporter l’importante protection.

En 1953, la présence d’une bascule devient d’ailleurs obligatoire dans les plazas de Madrid, Barcelone et Séville. Le contrôle des chevaux - portant sur la résistance, la docilité et la maniabilité - est effectué par les deux vétérinaires de service. Les chevaux retenus se verront remettre un collier rouge portant un scellé métallique ôté à la fin du spectacle.  Le bandage des deux yeux est interdit ; le bandage de l’œil droit est ordonné.

Les picadors (qui ne peuvent refuser un cheval préalablement accepté par les vétérinaires), choisissent par ordre d’ancienneté, quatre chevaux : deux qui leur sont propres et deux pour la communauté des piqueros. Chaque picador choisit également deux selles, dont il règle les étriers. Cette mesure vise à gagner du temps au cas où le picador, dont les deux premiers chevaux seraient tués, devrait en seller à la hâte un troisième.

Dans le patio de caballos, en permanence, douze chevaux doivent être prêts - sellés et bridés. Les chevaux rendus vicieux par la lidia - d’après le jugement des picadors et après vérification par les vétérinaires - seront définitivement exclus.

On les marquera d’une perforation d’un centimètre et demi dans la zone médiane de l’oreille gauche. L’organisateur de la course doit prendre les mesures nécessaires afin d’éviter la substitution des petos (au moins huit caparaçons sont nécessaires) ; c’est-à-dire les garder sous clé après leur vérification et jusqu’à leur mise en place sur les chevaux. Les piques, une fois montées, seront exposées à la vue du public, à au moins six mètres de la porte des caballos.

C’est un membre de l’empresa qui remet la pique au piquero à son entrée en piste. Tout picador qui piquerait avec une puya non conforme sera soumis à une amende de 200 pesetas ; la peine, en cas de récidive, allant de un à cinq mois de suspension. Une amende est également prévue si le picador « n’effectue pas la suerte ou passe son tour, déchire la peau du toro, le pique dans la tête, ou abandonne son cheval quand celui-ci ne serait pas blessé ».

Si un cheval est touché à l’abdomen ou si ses blessures sont répugnantes pour le public, celui-ci sera conduit dans le patio de caballo, où il sera « puntillé » sur ordre des vétérinaires. 

Au cas où tous les picadors seraient blessés au cours de la lidia, l’empresa n’est pas dans l’obligation de les remplacer et peut, continuer le spectacle en supprimant la suerte de varas pour les toros à venir. (Art.73)

Une ligne parallèle aux planches est tracée. Le rayon de ce cercle égale les deux tiers du rayon total de la piste.  Il n’y a plus que deux picadors en piste ; deux « réserves » se tiennent à la porte. Chaque picador est accompagné pendant son office par deux mozos qui ont interdiction d’interférer avec le déroulement de la lidia ; leur rôle se résume à secourir. Certains chevaux gardent un souvenir tellement terrifiant de leur expérience dans l’arène, qu’il devient très dangereux de les utiliser par la suite à cet effet.

Conformément à l’article 6 de l’ordonnance royale du 6 avril 1930, le picador doit enlever la selle et la bride des chevaux morts.

Tous les monosabios portent le même costume, sur lequel un matricule unique sert à les individualiser.

En France, au début du XXème siècle, Louis Heyral raconte que douze chevaux étaient nécessaires par course ; ce qui supposait d’en présenter bien plus à la prueba. Les chevaux retenus étaient marqués à la peinture rouge, sur l’antérieur gauche d’un numéro allant de un à douze ; signe qu’il était tout-à-fait possible de reproduire sur une autre bête.

Le règlement de 1962

Huit chevaux pour toute la course. Taille minimale : 1,47 mètre. Poids minimum : 450 kilos en corrida et 400 en novillada.  L’article 74 précise quant à lui que seul l’œil droit du cheval doit être bandé. Mesure qui n’est jamais appliquée.

Philippe Heyral raconte à ce sujet qu’il a vu en Espagne des fournisseurs de chevaux ne bander qu’un seul œil, mais aveugler l’autre par divers moyens frauduleux : soit en appliquant un morceau de caoutchouc circulaire bloqué sous les paupières, soit en créant une cécité pharmacologique temporaire via l’instillation d’un « produit » dans l’œil gauche. Cette mesure vise à conserver au cheval une partie de son orientation et de son équilibre, notamment en cas de chute, d’autant plus que le caparaçon peut entraver le relever.

Lors d’une corrida à Vic cette année, un cheval, après que le picador a été désarçonné, est allé percuter violemment les barrières, provoquant sa chute et endommageant les planches.

Poids maximal du peto : 25 kilos - avec une tolérance de 5 kilos pour les petos usagés qui s’alourdissent naturellement. La prueba s’effectue désormais le jour de la course et les picadors ne peuvent pas refuser un cheval qui aurait, selon les vétérinaires, toutes les qualités requises… sûrement peut-on voir là un moyen de mettre fin à la vile propina.

Ce règlement du 15 mars 1962 classifie les différents spectacles : corrida de toros, novillada avec picadors, novillada sans picadors… Le 23 juin 1969, sont fixées les conditions pour procéder, à la demande du public, à la grâce d’un taureau à l’occasion d’une corrida concours. Ministère de l’Intérieur (1957) : Résolution de la Direction générale de la Sécurité relative à l’observance du poids réglementaire des petos protecteurs des chevaux.

Le règlement de 1992

Sept chevaux doivent être présentés vingt-quatre heures avant la course. Taille· minimale : 1,45 mètre au garrot et poids au moins égal à 450 kilos. Ils doivent être suffisamment résistants et sans signe de maladie infectieuse. Poids maximal du peto : 40 kilos. La protection doit être faite de « matériaux légers et résistants de telle sorte que le toro ne se voie pas infliger un châtiment plus important que le strict nécessaire ». L’étrier droit des picadors doit être obligatoirement doublé. Si un cheval est gravement blessé, il sera retiré de la course et soigné en urgence. Pendant la suerte de pique, « le matador en fonction viendra immédiatement au quite, pour éviter que le châtiment ne se prolonge et empêcher le romaneo ».

Le règlement de 1996

Six chevaux de pique sont demandés pour les arènes de première catégorie et seulement quatre pour les arènes de deuxième et troisième catégories et les novilladas. Les animaux doivent être présentés avant dix heures le matin de la course; seulement trois heures avant le début de la course pour les arènes démontables.  L’efficacité du caparaçon est devenue flagrante, aussi instaure-t-on un poids maximum : le cheval doit peser entre 500 et 650 kilos - que l’on soit face à des novillos ou des toros. On ajoute même qu’ils ne doivent pas être de race de trait, sans préciser toutefois le pourcentage de croisement tolérable.

On vérifie également la docilité et, pour la première fois, la mobilité. Le poids maximal du peto passe quant à lui à 30 kilos.  Seul le bandage de l’œil droit est autorisé. Le nombre de piques réglementaires dans les arènes de première catégorie n’est plus que de deux, il était de trois jusqu’à présent, de quatre jusqu’en 1930. Le règlement de 1996 est le premier à prohiber « toute mesure visant à modifier artificiellement le comportement des chevaux de piques ».

L’Ordre Royal du 7 juillet 1997 en précise les modalités de répression. Sur conseil des vétérinaires de service, le Président pourra ordonner le contrôle d’un ou plusieurs chevaux dont l’attitude aurait été « suspecte » durant l’office.

Ce contrôle antidopage, réalisé immédiatement après la fin de la course, vise à détecter la présence de molécules médicamenteuses sur échantillons de sang et d’urine - prélevés en double exemplaire au cas où une contre-analyse serait nécessaire.

Le règlement de 2005, encore en application aujourd’hui, fait l’objet de constantes mises à jour. Il est indéniable que le caparaçon constitue un tournant primordial dans l’histoire de la tauromachie. Du point de vue du cheval, il marque son entrée dans l’arène en tant qu’acteur du spectacle. »

(Source : LE CHEVAL DU PICADOR DANS LA TAUROMACHIE D’HIER ET D’AUJOURD’HUI - THÈSE pour obtenir le grade de DOCTEUR VTÉRINAIRE - DIPLÔME D’ÉTAT présentée et soutenue publiquement devant l’Université Paul-Sabatier de Toulouse par Margaux JUSTICE-ESPENAN- 2012)

Patrice Quiot

 

Paul Hermé

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