Mardi 28 Septembre 2021
DAX
Lundi, 13 Septembre 2021
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Luque et Roca Rey par la Grande Porte…
 
Arènes de Dax, dernière corrida de la temporada,
 
6 toros de « Toros de Cortés » (1er, 2nd et 3ème) et de Victoriano del Río, justes de présentation et de forces, nobles mais manquant, à l’exception du dernier, de piquant.
 
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Daniel Luque : deux oreilles, silence, deux oreilles.
 
rr12h
 
Andrés Roca Rey : un avis et une oreille, un avis et silence, deux oreilles.
 
Douze piques souvent très légères, cuadra Bonijol.
 
Saluts de José Chacón (excellent par ailleurs à la brega), au premier et Juan Contreras au troisième.
 
Sobresaliente :  Jérémy Banti qui a fait un quite au cinquième.
 
Président : Franck Lanati.
 
Lleno de COVID.
 
Soleil, ciel bleu et chaleur.
 
Pas décevant, mais pas une corrida qui restera dans les mémoires, le mano à mano entre les deux triomphateurs de la Féria d’Août a été « pénalisé » par un lot de Toros de Cortés et Victoriano del Río juste de force, de présentation et surtout d’une noblesse fade et dénuée de transmission. Seule le dernier, manso con casta, avait le piquant nécessaire pour challenger deux toreros de la trempe de Luque et Roca Rey. Aux cinq premiers, les deux matadors ont essayé d’animer les débats en toréant l’un à la manière de l’autre. Outre que l’original est toujours meilleur que l’imitation, cela ne suffit pas à faire un mano à mano qui marque les esprits à défaut de marquer l’Histoire. Un seul duel de quite, des faenas manquant d’émotion, heureusement la course est allée à más avec deux derniers toros, surtout le dernier, qui ont servi. Le public est sorti content, mais il y a une part de méthode Coué dans cet enthousiasme.
 
luque12v
 
Luque a d’abord touché un Cortés faible, fade et ennuyeux comme un jour de confinement. Le torero de Gerena a la côte dans le Sud-ouest. Il a toréé avec élégance en début de faena puis à la Roca Rey à la fin. Certains qui crient « olé » à ses moindres gestes ont dû voir la faena en pensant à celles face au La Quinta du mois d’août. Le président s’est laissé aller à sortir deux mouchoirs. Une partie du public, moins adepte de l’autosuggestion positive, a contesté l’oreille et sifflé le toro. Son second manque de force et de race. Le torero a du mal à trouver le sitio et la faena, avec quelques jolis gestes quand même, est décousue et de surcroît mal conclue à l’épée. Le cinquième et dernier est comme le premier noble et fade. Début de faena à la Luque élégant, stylé mais peu de transmission, sosería du toro oblige. Le final tremendiste qui proposé par Juan Leal aurait été sifflé, réalisé par Luque, provoque ovation, presque extatique, et demande de deux oreilles. « Sic transit gloria mundi » aurait dit le pirate de la BD, « faut pas exagérer » aurait dit Bébel.
 
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Roca Rey, tout auréolé de son triomphe arlésien, veut triompher mais ses deux premiers toros douchent ses espoirs. Il débute sa faena face au second à la manière de Luque. Le toro faible finit par s’arrêter à mi passe. Le final à la Roca Rey finit par lasser le toro qui finit par partir dans les planches, terrain où le torero doit le tuer, une oreillle quand même. Le quatrième donne un coup de tête à la fin de chaque passe. Avec le métier qu’on lui connait, le Péruvien arrive à lui tirer quelques muletazos classiques en retirant rapidement la muleta à la sortie de la passe. Puis il l’entreprend petit périmètre et façon tremendiste. Cela ne porte que moyennement sur le public car le toro est quasi parado et en plus la mise à mort est laborieuse. Il faut absolument que Roca Rey triomphe s’il ne veut pas regarder, sans pouvoir l’accompagner, Daniel Luque sortir par la Grande Porte. Heureusement, le sixième est un manso con casta avec du piquant (juste ce qu’il faut). Après avoir corrigé les défauts du bicho avec une lidia et des muletazos adaptés, il commence son show tremendiste. On aime ou on n’aime pas, on en connait limites et artifices, mais face à un toro bien préparé par une bonne lidia, qui est allé à más, cela a une certaine allure. Gros coup d’épée, deux oreilles et le Péruvien peut lui aussi passer par la Grande Porte. Jules César aurait dit « veni, vidi, vici », Bébel aurait dit Moi le Professionnel, « à la fin de l’envoi, je touche »…
 
(RT - corridasi - Photos : Bertrand Caritey)
 
 
 

Paul Hermé

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