Dimanche 27 Novembre 2022
BESTIAIRE
photo 1
 
Bestiaire médiéval…
 
Pour les spécialistes avertis de la Rome Antique, c'était un gladiateur combattant les bêtes féroces dans une arène, appelé aussi Belluaire...
 
Pour les fins lettrés, c'est un manuscrit médiéval recouvrant les us et coutumes d'animaux réels ou imaginaires et leurs illustrations.
 
L'aficionado a los toros se référera au roman « Les bestiaires » (1926) par Henry de Montherlant. L'auteur conte la jeunesse d'un « práctico » : Alban de Bricoule, une autobiographie habilement déguisée.
 
Étant pilote des archivistes de l'AMTA (Amis du Musée taurin d'Arles), j'ai à ce titre quelques « antennes » ou donneurs d'alertes dans les salles de vente de la région. Ceci permet de repérer quand quelques pièces liées à l'Art Taurin pointent leurs cornes...
 
Il y a trois ans, un lot avait éveillé ma curiosité : un projecteur 9,5 mm très « Jurassic Park » et un lot de bobines de 1934, dont une, étiquetée, « Lalanda » Nîmes « Maravilla » Arles.
 
Le projecteur étant hors d'usage, je fis appel à un professionnel (1) (PARIS!) pour effectuer le transfert sur support numérique. Le professionnel me contacta rapidement car le contenu n'était pas complètement taurin. Je lui donnai « quitus ».
 
Voilà les trois documents muets, projetés certainement en première partie d'un film par la firme Pathé frères, on appelait cela « les actualités ».
 
– Pêche hauturière sur les bancs de Terre Neuve. La pêche à la morue dura trois siècles et s'acheva en 1951 : travail, pêche et froid glacial, dix heures par jour. Les ports français de départ étaient Saint-Malo, Fécamp. Les mousses, dans une seule campagne, passaient du statut d'enfant à celui d'homme : une forme d'alternative. 
 
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– Chasse au faucon au Maghreb (Maroc). Elle est pratiquée depuis le 12ème siècle, dans le désert, les faucons capturent : outardes, palombes, lapins des sables. Bel exemple de relation privilégiée entre l'homme et une bête sauvage.
 
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– Corrida dans le sud de la France.
 
Nîmes le 30 avril 1934, Marcial Lalanda, Fermín Espinosa « Armilita Chico » et Francisco Martín Caro « Curro Caro ». Marcial Lalanda outre son célèbre quite par « Mariposa » (compromis entre « gaonera » et « delantal »), en direct live coupa ce jour-là deux oreilles et la queue au 4ème Arturo Sánchez Cobaleda, « la course se déroulait en pleine manifestation  torophobe  du gouvernement français » (P. Dupuy) (3).
 
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Quinze jours plus tôt, Arles accueillait dans ses arènes le mexicain Manolo Martínez, Antonio García « Maravilla » et Pepe Gallardo (4) devant des toros de Pedro Domecq y Diez.
 
En 100 mètres de bobine, Pathé frères nous projette un bestiaire filmé de belle facture, belle époque pour la corrida...
 
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Jacques Lanfranchi « El Kallista »
Vendredi 18 février 2022
 
(1)Family Movie 1, rue R et S Delaunay Paris
 
(2)Quite qu'il inventa et travailla au Mexique avant de le présenter en 1924 à Madrid pour la « Beneficiencia »
 
(3)in « Histoire taurine de la ville de Nîmes » P. Dupuy UBTF 1977
 
(4)in « Histoire de la Tauromachie à Arles » LG Lacroix UBTF 1977
 
 
 
 

Paul Hermé

soler 2017

Affiches / Cartels