Mardi 29 Novembre 2022
MAGESCQ
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Tous à une oreille pour la novillada non piquée…
 
Deux tiers d’arène. 6 erales d’Alma Serena bien présentés, manquant de race à l’exception du sixième avec plus d’options. 
 
Daniel Medina : un avis et silence, une oreille.
 
Tristan Barroso : une oreille, un avis et salut au tiers.
 
Roberto Martín « Jarocho » : silence, une oreille.
 
Salut d’El Santo et Manolo de los Reyes au cinquième.
 
Avant le paseo, un hommage a été rendu au torero bayonnais Rafael Cañada grièvement blessé à Valence et qui était l’invité d’honneur et le parrain de cette journée taurine.
 
Le trophée Bernard Ménard n’a pas été attribué. Les représentants des organisateurs du Sud-ouest ont partagé leur prix entre les trois novilleros.
 
Après Arzacq, c’est au tour des arènes couvertes de Magescq d’accueillir les aficionados du Sud-ouest pour une novillada non piquée. Après l’intéressant lot de Gallon sorti aux arènes du Soubestre, ce sont des erales de la ganadería Alma Serena qui ont foulé le ruedo de la placita landaise. Très bien présentés, à la limite de la piquée, les novillos de la famille Bats ont manqué de race et sont devenus très vite compliqués pour les jeunes toreros. La plupart sont arrivés au troisième tiers avec une énergie qui combinée avec une certaine violence a mis en difficulté les novilleros. Seul le sixième et dernier avait ce fond de race et de noblesse que l’on trouve d’habitude chez les novillos de ce fer. Ses qualités n’ont malheureusement pas été utilisées par Roberto Martín « Jarocho ».
 
Le premier, bien fait et bien armé, est reçu à la cape par Daniel Medina. Blando, et juste de forces, il a une charge courte et se défend dans la muleta au troisième tiers. L’élève de l’Ecole Taurine de Salamanque commence bien sa faena en pesant sur le bicho lors de la première série à droite. Le toro est compliqué, il manque de transmission. Très scolaire, le jeune torero enchaînera des passes sans chercher à corriger un bicho qui va à menos. L’ensemble de la faena est fade, brouillon (trop long) et manque d’émotion. La première épée est atravesada, la seconde contraire sera efficace, silence.
 
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Il y a quelques années, Tristan Barroso récitait ses gammes lors des tientas matinales sous la férule de Richard Milian, professeur de l’Ecole Taurine Adour Aficion. Aujourd’hui, le Landais a rejoint l’école de Badajoz et revient à Magescq après avoir fini second des non piquées de Ciudad Rodrigo. De la réception à la cape, on retiendra une belle demi-véronique. Jarocho s’essaie à un quite et se fait violement accrocher. Tristan, à la manière des écarteurs landais, redresse le toro en réalisant un très bon quite. Le novillo a de la personnalité et met en difficulté les banderilleros. Brindis du jeune torero à sa grand-mère Monique Amodis. Avec métier, Tristan a compris qu’il faut, avant toute faena, soumettre le « Alma Serena ». Il le double avec autorité, efficacité et une certaine élégance. Le toro est compliqué, regarde le torero avant de charger et a une corne droite difficile. Tristan commence sa faena à gauche, se fait parfois accrocher la muleta, mais finit par prendre la mesure du bicho. A droite, il enchaîne les passes en se croisant et surtout en ne laissant pas réfléchir le toro entre deux sollicitations.  Le final par molinetes et manoletinas permet au torero de donner une touche plus artistique à sa faena. Une oreille après un pinchazo et une entière basse rapide d’effet.
 
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Le troisième fait illusion à sa sortie en humiliant dans les premiers capotazos de Roberto Martín. Mais très vite, il est andarín, ne se fixe pas et cherche l’homme quand on le cite sur la corne droite.  Jarocho banderille, mais ce n’est pas ce qu’il fait de mieux. Brindis à Rafael Cañada, après un début de faena de rodillas spectaculaire, le torero de Salamanque se fait accrocher lors de la première série de derechazos. Le toro difficile à droite, devient très vite compliqué à gauche. Le novillero s’arrime, mais le bicho de plus en plus dangereux ne permet pas grand-chose. Silence après un pinchazo et une entière habile.
 
La course va à más au point de vue de la présentation. Le quatrième a de la fixité, mais a du mal à humilier. Daniel Medina commence sa faena par le haut. Le toro, juste de force, a une charge courte et transmet peu d’émotion. Le novillero après deux séries sans se croiser, ne cherche pas ou ne peut pas corriger les difficultés du bicho. Il s’adapte à ses défauts pour enchaîner des demi-passes et construire une faena qui va, sans atteindre les sommets, à más. Il enchaîne sur deux bonnes séries, une sur chaque piton. Le final est brouillon. Une oreille généreuse après une entière légèrement contraire.
 
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Le cinquième, lui aussi très bien présenté, est accueilli par une larga de rodillas. Tristan se fait accrocher le capote. Le bicho est abanto et violent. El Santo et Manolo de los Reyes saluent après un bon tercio de banderilles. Brindé à Rafael Cañada, le novillo est violent et compliqué. Tristan Barroso s’applique, avec une certaine autorité. Il aguante, tire ce qu’il peut du toro, mais c’est compliqué pour un jeune torero et l’eral ne lui offre que peu de possibilités. Saluts au tiers après un quart de lame et deux descabellos.
 
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Le sixième est un superbe eral qui n’aurait pas déparé dans certaines piquées (voire certaines corridas). Très bonne réception à la cape de Jarocho, Medina se fait déborder en faisant un quite. Le bicho a de la caste et une certaine alegría. Il demande à être canalisé et torée avec douceur et temple. Roberto Martín lui propose une tauromachie « bagarreuse », montant sur son adversaire.
 
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L’ensemble est spectaculaire mais n’exploite pas les possibilités du meilleur novillo de la course qui finit par aller à menos par lassitude. Jarocho se fait prendre avec violence en entrant à matar (pinchazo). Une oreille généreuse après une entière en avant.
 
(Thierry Reboul - Corridasi – photos reseña  Roland Costedoat)
 
 

Paul Hermé

soler 2017

Affiches / Cartels