Jeudi 02 Février 2023
PATRICE
Dimanche, 09 Octobre 2022
ach08ph
 
Auguste…
 
Simple le dessin.
 
Pures les couleurs.
 
Gras le trait.
 
 
 
Et le bleu.
 
De Prusse.
 
Celui du ciel.
 
 
 
Celui du Sud.
 
De chez lui.
 
De Graveson.
 
 
 
Auguste.
 
Et la Provence.
 
« Amo di moun païs ! ».
 
 
 
Des visages.
 
Noirs.
 
De front.
 
 
 
Avec les profils.
 
Qui.
 
Se découpent.
 
 
 
Inscrits.
 
Par la touche.
 
De l’instinct.
 
 
 
Et.
 
Le ton.
 
De l’intensité.
 
 
 
Des traits.
 
Qui pourraient être
 
Ceux.
 
 
 
De Manolete.
 
De Belmonte.
 
Ceux du Viti.
 
 
 
Mais.
 
Qui.
 
Sont.
 
 
 
Ceux des bayles.
 
Des joueurs de boules.
 
Des pelots et des buveurs d’absinthe.
 
 
 
Ceux.
 
De ceux.
 
De chez lui.
 
 
 
Une exigence.
 
A montrer.
 
Des racines.
 
 
 
Une volonté.
 
De faire avancer.
 
Les choses.
 
 
 
Juste.
 
A côté.
 
D’elles.
 
 
 
Dans les drailles.
 
Avec.
 
Les bergers.
 
 
 
Dans les mas.
 
Où pousse.
 
La vigne.
 
 
 
Dans les placitas.
 
De madriers.
 
De bois.
 
 
 
La rusticité.
 
Devenant.
 
Volupté.
 
 
 
Une faena.
 
De symbolisme.
 
Capturé.
 
 
 
Tendresse pour un pays.
 
Ses habitants.
 
Ses coutumes.
 
 
 
Plan de charrettes.
 
Fête votive.
 
Et estrambord.
 
 
 
Le bon pain de la vie.
 
Criante de vérité.
 
Saisissante.
 
 
 
Humble.
 
Rugueuse.
 
Et magistrale.
 
 
 
Enracinée dans la terre.
 
Monumentale.
 
Sous le soleil.
 
 
 
Et la solitude.
 
Des hommes.
 
Sous le même.
 
 
 
Une mélancolie.
 
Au-delà.
 
Des codes.
 
 
 
Rouge.
 
Noir.
 
Et bleu.
 
 
 
Couleurs.
 
De.
 
Franchise.
 
 
 
Une modernité.
 
D’avant-garde.
 
En début de siècle 20.
 
 
 
Un Joselito.
 
Devenu.
 
Impressionniste.
 
 
 
Un Cézanne.
 
Pinceau.
 
De la marisma.
 
 
 
Pour.
 
Une estocade.
 
De vérité.
 
 
 
Une affection.
 
Dite.
 
Par la peinture.
 
 
 
Avec un accent.
 
 
 
Comme la passion
 
Dite.
 
Par le toreo.
 
 
 
Avec ferveur.
 
ach08h
 
 Datos 
 
Auguste Elysée Chabaud né le 3 octobre 1882 à Nîmes, mort le 23 mai 1955 à Graveson.
 
Entré à l'école des Beaux-Arts d'Avignon en 1896, Auguste Chabaud part à Paris en 1899 poursuivre ses études à l' Académie Julian et à  l’école des Beaux-Arts. Il rencontre Henri Matisse et André Derain. La propriété viticole de ses parents subit la crise de 1900, obligeant Auguste Chabaud à redescendre dans le Midi.
 
En 1901, Auguste Chabaud s'embarque comme pilotin sur un navire et découvre la côte occidentale africaine. La même année, son père meurt ; il hérite avec son frère de la propriété viticole et des terres que seul son frère va gérer. À cette période, Chabaud travaille beaucoup sur papiers de boucherie.
 
De 1903 à 1906, il fait son service militaire en Tunisie d'où il va revenir avec des carnets de croquis remplis d'images locales, dont de nombreux dessins de militaires, d'indigènes et de scènes de bar peuplés de filles et de marins.
 
De retour à Paris, Chabaud débute en 1907 au Salon des indépendants exposant parmi les «fauves». Il va découvrir une nouvelle vie, celle de la nuit parisienne et des cabarets. Les collectionneurs commencent à s'intéresser à son travail. À Montmartre où il a son atelier, il peint les rues et les places animées ou désertes, les scènes de la vie nocturne et les maisons closes.
 
En 1911, il entame sa période cubiste, travaille de grands formats et sculpte.
 
S'ensuivent de nombreuses expositions dont celle de New York en 1913 où il expose aux côtés d'Henri Matisse, André Derain, Maurice de Vlaminck et Pablo Picasso, puis à Chicago et Boston. Ses toiles de la période fauve décrivent la vie nocturne parisienne : cabarets, cafés théâtre, prostituées, aux teintes de couleurs vives (jaune, rouge) contrastant avec les couleurs de la nuit (bleu marine, noir).
 
À son retour de la Première Guerre mondiale, en 1919, Auguste Chabaud s'installe définitivement à Graveson, dans la propriété familiale, le mas de Martin situé au pied de la Montagnette. A partir de 1920, il entame sa période bleue où il emploie le bleu de Prusse à l'état pur, dans laquelle la Provence, ses personnages et ses coutumes sont mis en avant. Le Sud, qu'il n'a jamais cessé de peindre, même dans sa période parisienne, va l'occuper désormais exclusivement.
 
Comme l'avait fait Paul Cézanne avec la montagne Sainte-Victoire, Auguste Chabaud immortalisera « la montagnette », peignant des scènes de campagne, des paysans arpentant les collines et sentiers des Alpilles. Il y restera jusqu'à la fin de sa vie, vivant reclus dans sa maison avec sa femme et ses sept enfants.
 
Surnommé l'« ermite de Graveson », il meurt en 1955.
 
Certaines de ses œuvres sont conservées à Marseille au musée Cantini, à Paris au musée national d'Art Moderne et à Genève au Petit Palais. En 1992, le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur ouvre un musée en son honneur à Graveson.
 
Des peintres lui rendent régulièrement hommage, comme Claude Viallat en 2003.
 
Cote : 
 
Prix d’une peinture signée Auguste Chabaud en vente aux enchères : entre 200 - 60 000 €
 
Estimation moyenne pour un multiple (lithographie, estampe, gravure…) : entre 20 - 300 €
 
Prix pratiqué pour un dessin ou une aquarelle : entre 300 - 6 000 €
 
Cote de l’artiste pour une sculpture : entre 400 - 3 500€
 
(Sources : Art-Price .com.).
 
Patrice Quiot