Samedi 26 Novembre 2022
PATRICE
Mardi, 25 Octobre 2022
la bola25ph
 
Tavernes madrilènes con historia…(1)
 
A Madrid demeurent quelques tavernes ouvertes avant ou nées pendant la courte période de la Seconde République espagnole (1931/1939).
 
Au début du XXe siècle, beaucoup de gens ne sachant ni lire ni écrire presque toutes ont conservé sur leurs portes la couleur rouge qui était à l'époque le signe distinctif des locaux où l'on vendait du vin.
 
Restaurant La BOLA, au 5 de la rue du même nom
 
Fondé en 1870 «El local era muy pequeño así que creó un sistema de cocidos de tres turnos, el primero, a las 12 del mediodía, era el más sencillo para los obreros y empleados y costaba 1,15 pesetas. A la una de la tarde llegaban los estudiantes y pagaban 1,25 pesetas por su cocido que llevaba gallina. » explique Mara une descendante de Candida Santos la fondatrice du lieu.
 
Mijoté à petit feu pendant quatre heures sur du charbon de chêne vert, le ragoût continue à être servi individuellement dans des récipients en argile.
 
Le lieu était fréquenté par Ava Gardner dans les années 1950.
 
« Una mujer muy campechana a quien le gustaba mucho el cocido » précise Maja.
 
Casa CIRIACO, calle Mayor 88
 
Fondée en 1897 en tant que despacho de vino et restaurant depuis 1929, le lieu est étroitement lié au monde de la tauromachie.
 
« Asiduos de Casa Ciriaco fueron los pintores Ignacio Zuloagay, Sebastián Miranda o los toreros Domingo Ortega y Juan Belmonte. Y, precisamente, como tributo a la tauromaquia todavía se celebra la tertulia Amigos del Conde de Colombí ». 
 
C’est de la casa Ciriaco que, le 31 mai 1906, jour de son mariage, fut perpétré l’attentat contre le roi Alphonse XIII.
 
« A l'issue de la cérémonie, alors que le cortège nuptial fait route vers le palais royal, un anarchiste catalan, Mateo Morral, lance en direction du carrosse royal une bombe dissimulée dans un bouquet de fleurs, depuis le balcon du troisième étage du n° 88 de la rue Mayor, où il louait deux chambres. 
 
La bombe rate sa cible et les jeunes époux sont épargnés, mais l'explosion fait 25 morts et plus d'une centaine de blessés dans le public et la suite royale »
 
Casa PACO, Plaza de Puerta Cerrada
 
La Casa Paco a été fondée en 1870 en tant que taverne classique avec du vin, des cartes et des dominos. 
 
Dans les années 1930, elle a été rachetée et Francisco Morames, dit Paco, qui l'a rénovée, en a fait un lieu de rencontre de marchands de bestiaux, bijoutiers, charbonniers, plombiers, toreros, écrivains et antiquaires du Rastro.
 
Ces derniers sont chargés de la traditionnelle procession de « L'enterrement de la Sardine » qui met fin au Carnaval. 
 
« El origen de esta curiosa tradición podría remontarse hasta el reinado de Carlos III. La tradición popular cuenta que llegó una partida de pescado podrido a la ciudad, y que debido al hedor que éste generaba, el monarca ordenó enterrarlo en la ribera del río Manzanares. Aunque no se tenga constancia del lugar exacto, el entierro se llevó a cabo cerca de la actual Fuente de los Pajaritos de la Casa de Campo. »
 
Visiteurs célèbres : Ava Gardner, Ernest Hemingway, Samuel Bronston, Palomo Linares, Conchita Montes, Paco Rabal, Fernando Fernán Gomez...
 
La Casa Paco a été fermée pendant la Guerre civile et, après le conflit, on a commencé à y servir du cocido dans des soupières individuelles à 25 centimes.
 
Tradition qui a perduré : Le mardi, c'est cocido chez Casa Paco.
 
L’affiche de l'inauguration de la Plaza de toros de las Ventas, le 17 juin 1931, avec le drapeau républicain s’y trouve… à côté du bar.
 
Bar Chicote, Gran Vía, 12
 
Après avoir travaillé dès l’âge de quatorze ans comme barman au « Ritz », au « Savoy » et au bar Pidoux sur la Gran Via qui fut dit-on le premier bar américain d’Espagne, Perico Chicote a ouvert l’endroit en 1931.
 
« La mejor mano izquierda que ha toreado nunca detrás de una barra americana, El Velázquez de los cócteles”.
 
En 1932 sortait la première édition de son « Mis 500 cocktails », après le « Cocktails » de 1928, vendu six pesetas et dont la préface avait été écrite par l’immense critique taurin Gregorio Corrochano (Talavera 8/04/1882 - Madrid 19/10/1961).
 
Perico Chicote avait créé à son intention le « Corrochano Cocktail » : Jus d’orange, gin et une cuillère de Grand Marnier.
 
Hemingway était un des piliers du « Chicote ».
 
Pour boire davantage, l’américain buvait debout.
 
Perico Chicote disait toujours : « Para ser buen barman había que saber de fútbol y de toros. »
 
Et ajoutait : « El buen barman es una mezcla perfecta de angostura, simpatía (la auténtica, no la fingida) y mano izquierda. »
 
Il avait confié au «Monstre» qui avait droit au Gin-Fizz « La coctelería es, como la tauromaquia, cuestión de tercios, querencias y medidas ».
 
Il créa plus de 800 cocktails.
 
Trois pesetas les courants ; six les spéciaux.
 
Le « Chicote » est mentionné dans un des chotis madrilènes les plus populaires :
 
« En Chicote, un agasajo postinero
con la crema de la intelectualidad
y la gracia de un piropo retrechero
más castizo que la calle de Alcalá »
 
A suivre…
 
Patrice Quiot
 
 

Paul Hermé

soler 2017

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