Samedi 26 Novembre 2022
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Jeudi, 10 Novembre 2022

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La fausse mort d’Amor Antuñez « El Andaluz »…

Valladolid, capitale de la province et de la communauté autonome de Castille-León.

Tomás de Torquemada, premier Grand Inquisiteur espagnol, y est né en 1420 comme y sont nés en 1527 et en 1605 Philippe II et Philippe IV d’Espagne et, plus près de nous en 1951, Roberto Domínguez.

Quand on sait que Christophe Colomb y est mort en 1506, que Cervantès y vécut entre 1604 et 1606 et que Bartolomé de la Casas y plaida lors de la fameuse controverse, vous comprendrez que cette ville « tiene algo ».

Nous sommes au début du mois d’août 1977.

Franco est mort depuis un an et dix mois, le 14 cinquante mille personnes se rassembleront sur le Larzac contre l'extension du camp militaire, Elvis mourra le 16, Groucho Marx le 19, Thierry Henry est dans son berceau, Domingo López Chaves aussi et le 23 le Président Giscard d’Estaing dira que « la montagne doit être vivante, active et protégée. »

Amor Antuñez « El Andaluz », novillero français, lui, torée en nocturne dans les arènes de la ville au 49A Paseo de Zorrilla.

Amor a vingt-cinq ans et banderille son premier novillo.

A la troisième paire, au moment de se réunir, le novillo le soulève et, en l’air, lui fracasse le crâne.

Transporté à l’infirmerie, notre paisano voit les chirurgiens abandonner la salle d’opérations en enlevant leur masque et entend le curé lui donner l’extrême onction.

Il est considéré comme mort !

Mais, il ne l’est pas…

Pepe Calabuig, marchand de légumes arlésien et apoderado dont la délicatesse exquise est reconnue dans toute la profession, veille Amor en s’attendant bien évidemment à voir ce dernier mourir d’un moment à l’autre.

Ce qui n’est pas le cas.

Car, après huit heures de coma à l’hôpital, Amor Antuñez « El Andaluz » est transporté dans un couvent de nonnes où il se remet très doucement et plus ou moins bien de ce « tabaco de miedo » dans une chambre du premier étage du couvent.

Bien entendu, Calabuig le suit et c’est à lui que, quelques jours après, les nonnes remettent la facture du séjour qu’il était, évidemment, impossible de payer because dinero no había.

« No te inquietes » dit Calabuig qui, la nuit venue, gara la voiture sous la fenêtre par laquelle lui et le torero s’échappèrent du convento pour rejoindre le Sanatorio des Toreros parce que « là c’est gratuit », dit Calabuig.

Au Sanatorio, Don Maximo García de la Torre fit ce qu’il fallait pour remettre Amor en mesure de continuer son activité professionnelle.

Dans la chambre d’à côté se trouvait Sébastián Cortes auquel un toro avait arraché la fémorale et la saphène et dans le jardin du Sanatorio des toreros blessés s’entraînaient…

Le 15 août à Arles dans l’après-midi, un bandeau sur la tête, Amor coupa une oreille et le soir même, à Fos, il trancha une queue.

Mais le plus étonnant de l’histoire est que le jour où Amor était blessé à Valladolid, François Caro toréait dans le coin et que le lendemain la presse locale titrait :

« Curro Caro, un torero frances ha muerto » !!!

Datos 

- El Andaluz (Antuñez Amor)

Né à Nîmes le 25 octobre 1952.

Comme de nombreux jeunes qui rêvent de devenir torero, il suit le cycle traditionnel des "emboulés“ puis des ”capeas" dans les arènes des villages ou portatives.

Le 12 octobre 1969 à Nîmes, il fait son premier paseo en non piquée avec: Nimeño I – Chinito – Frédéric Pascal devant des novillos de François André et Fernay.

Le 1er novembre 1970, première novillada piquée devant des toros de Yonnet et de Pourquier avec Jaquito et les rejoneadores Jacques Bonnier et Francine San Juan, le sobresaliente étant Dominique Vache.

Le nombre de novilladas étant restreint, il reviendra aux non piquées

21 Juillet 1975 : deuxième novillada piquée à St Vincent de Tyrosse avec Garbancito et Álvaro Márquez devant des novillos de Buendía. Il participera à 32 novilladas dont 12 en Espagne. En 1977, à Valladolid, il est sérieusement blessé.

22 octobre 1978: A Nîmes lors de la “corrida populaire ”, despedida de Jaquito", il fera une excellente prestation, et espère que les portes des arènes s'ouvriront en 79.

Lors d'une corrida organisée au profit des sinistrés des inondations du Gard, El Andaluz coupe les deux oreilles et la queue de son adversaire.

6 juin 2004 : Alternative à Mauguio, des mains de Julio Aparicio et Swan Soto devant des toros des frères Sampedro.

Il sera le 45ème matador français.

Pendant trente ans, il officiera comme banderillero dans les cuadrillas de Richard Milian, Canales Rivera, Nimeño, Curro Vásquez, Antonio Manuel Punta…

Pour continuer à vivre sa passion, il ouvrira un atelier de sastre torero.

- Francisco Caro « CURRO CARO » ne le 11 mars 1956 à Linares (Espagne). Alternative le 26 septembre 1981 à Nîmes devant le toro « Tomentoso » de Carlos Nuñez, parrain Antoñete, témoin Nimeño II.

Patrice Quiot

 

Paul Hermé

soler 2017

Affiches / Cartels