Lundi 06 Février 2023
PATRICE
Mardi, 29 Novembre 2022
pic29ph
 
Picasso : Fascination…
 
« Assis dans les gradins en pierre d'une arène chauffée toute la journée par ce soleil qui étourdit l'Espagne, un petit garçon qui vient de souffler sa huitième bougie pose les yeux pour la première fois sur un monde qui va influencer sa vie. 
 
Déjà familier des courses de taureaux, le jeune Pablo Picasso découvre la corrida à Málaga. 
 
Tout de suite, il est fasciné par la bestialité et la brutalité théâtrale qui émanent du combat.
 
 
 
Cette passion va tenir Picasso jusqu'à la fin de sa vie. 
 
Après les arènes de Málaga, c'est en France, à Arles, Nîmes et dans tout le Sud, qu'il va continuer de suivre corridas et ferias.
 
Le taureau apparaît très tôt dans ses œuvres.
 
La première œuvre sur le sujet est une scène de corrida qui date de 1889, intitulée “Petit picador jaune”. 
 
On y découvre un homme paré d'or qui semble malhabile sur son cheval noir.
 
 
 
Plus tard, ses dessins, mais aussi ses toiles les plus marquantes comme “Course de taureaux” et "Scène de corrida", réalisées en 1901 à son arrivée à Paris, témoigneront de cet attachement viscéral pour le taureau. 
 
Picasso tente de transmettre dans ses représentations, sa fascination pour la confrontation des corps : 
 
Celui du torero, dans sa danse funeste avec le taureau mais aussi celui du taureau qui menace le cheval du picador.
 “La Mort du torero” de 1933 en est le parfait exemple.
 
On y retrouve dans un enchevêtrement au milieu de l'arène le corps du cheval, de son picador, celui du taureau et la mort qui rôde.
 
 
 
Pour Picasso, le cheval est une figure majeure de la corrida. 
 
Représenté comme une victime face à la force qu'exprime le taureau dans “La Mort du torero”, on le retrouve quelques années plus tard dans “Guernica”, où il est représenté éviscéré, tordant son cou dans un hennissement de douleur.
 
 
 
Le picador est un élément central du combat, que Picasso magnifie notamment dans une série de dessins à l'encre en 1959.
 
 
 
Les arènes sont également représentées dans le décor des céramiques que l'artiste crée à Vallauris.
 
La forme elliptique du plat coïncide parfaitement avec celle de l'arène qui la représente.
 
 
 
Mais la figure de la corrida qui hante et habite véritablement l'œuvre de Picasso est incontestablement le taureau.
 
A tel point que l'artiste en fait bien souvent un sujet à part entière.
 
L'animal va prendre une importance considérable dans les années 1930, lorsque Picasso fait surgir la figure du Minotaure. 
 
A ses yeux, cette créature mi-homme mi-taureau, tout droit venue de la mythologie grecque, est l'incarnation parfaite de la dualité bestiale et humaine qu'il porte en lui.
 
A partir du taureau qui a fasciné ses yeux d'enfant, il fait du Minotaure un double pictural et imaginaire, un être régi par ses pulsions sexuelles qui s'expriment de façon brutale. 
 
L'animal devient alors la figure centrale de dessins et de gravures où il est représenté aux prises avec une femme dans une lutte aux accents érotiques. 
 
“Le Minotaure et la jeune fille” (1934-1936) en est le parfait exemple et fait partie d'une série d'œuvres rassemblées sur le titre de « Minotauromachie ».
 
 
Accompagné tout au long de sa vie par le taureau, Pablo Picasso illustre en 1930 les Métamorphoses d'Ovide et réalise en 1933 la couverture du premier numéro de la revue surréaliste “Minotaure” fondée par Georges Bataille. 
 
Il réalise en 1953 avec son ami torero Luis Miguel Dominguín, l'ouvrage « Toros y toreros ».
 
 
 
Mais l'œuvre la plus surprenante est sortie en 1945 et représente une série d'estampes réalisées chez le lithographe Fernand Mourlot.
 
En onze étapes, Picasso fait évoluer son taureau d'une représentation massive et réaliste vers une forme élémentaire de sa silhouette par un simple trait.
 
 
 
Une passion pour le taureau qui fera dire à Picasso :
 
"Si je n'avais pas été peintre, j'aurais été picador". » 
 
 
 
Picasso est l'artiste qui contribuera le plus à la populariser la corrida en France en y entraînant, entre 1910 et 1930, des personnalités comme Georges Braque, Max Jacob, Robert Desnos, Francis Picabia, Jean Cocteau, Paul Eluard ou encore René Char.
 
Sources : « La minute art »/ Les taureaux dans les œuvres de Picasso/ 6/08/2018.
 
Datos 
 
Pablo Ruiz Picasso, né le 25 octobre 1881 à Málaga (Espagne) et mort le 8 avril 1973 à Mougins (Alpes-Maritimes), est un peintre, dessinateur, sculpteur et graveur espagnol ayant passé l'essentiel de sa vie en France.
 
Artiste utilisant tous les supports pour son travail, il est considéré comme l'un des fondateurs du cubisme avec Georges Braque et un compagnon d'art du surréalisme. 
 
Il est l'un des plus importants artistes du XXe siècle, tant par ses apports techniques et formels que par ses prises de positions politiques.
 
Il a produit près de 50 000 œuvres dont 1 885 tableaux, 1 228 sculptures, 2 880 céramiques, 7 089 dessins, 342 tapisseries, 150 carnets de croquis et 30 000 estampes (gravures, lithographies, etc…).
 
Parmi ses œuvres les plus célèbres, figurent le proto-cubiste Les Demoiselles d'Avignon (1907) et Guernica (1937), une représentation dramatique du bombardement de Guernica pendant la guerre civile espagnole.
 
Patrice Quiot