Mercredi 21 Août 2019
Chroniques du Lundi
Samedi, 24 Janvier 2015

Istres, Coleta, Paco, Ronda, Portugal...

 Istres

C’est devenu une habitude, et chaque année, on dit sur Istres à peu près la même chose. Certes, chacun a sa vision des choses et tout peut prêter le flanc à la critique, mais le travail réalisé par Bernard Marsella et sa commission taurine, en parfaite osmose avec la municipalité, me parait remarquable.

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Istres n’est pas Céret, ni Vic, pas plus que Dax ou Nîmes… Tant mieux, Istres est tout simplement Istres, avec « un color especial », une ville et une plaza qui ont su au fil des années attirer l’aficion venue d’un peu partout, avec des retombées économiques non négligeables. A partir de là, première constatation, on ne vient pas forcément chercher à Istres ce que l’on peut trouver ici ou là, tout est à replacer dans son contexte, mais une chose est sûre, c’est que pour de nombreux aficionados, et on a pu s’en rendre compte lors de la présentation, ces cartels sont attrayants.

Avec un bon pourcentage réservé aux Français, éleveurs comme toreros, avec aussi l’inclusion, dans tous les genres, de devises renommées et de toreros qui ne le sont pas moins. Ajoutons-y un bon coup de pouce des partenaires pour permettre de boucler le budget dans une « grande arène de 3000 places », et surtout la touche personnelle basée sur la créativité du maître d’œuvre pour composer un cocktail où beaucoup peuvent y trouver leur compte. Car outre nos nationaux, Juan Bautista en tête, Ponce, El Juli, Morante, Talavante, Manzanares et Fandiño, ce n’est quand même pas de la petite bière, non ?

Coleta

Voici uune anecdote qui m’a été racontée par un éminent aficionado… Nous sommes en 1962, plus précisément à la Feria de Lima au mois d’octobre. Après avoir subi trois graves cornadas au cours de cette temporada qu’il avait finie sur une jambe, Antonio Ordóñez était venu dans la capitale du Pérou, soit dit en passant avec la presse contre lui… notamment pour avoir refusé d’augmenter les chroniqueurs !

A l’issue de la corrida, Antonio décida d’abandonner et de se faire couper la coleta, ce que fit l’imprésario et ganadero Fernando Graña. Mais les années passant et le gusanillo ne le lâchant certainement pas, Antonio Ordóñez décida de revenir dans les ruedos, ce qu’il fit en 1965 à Málaga, plus exactement le 18 avril, « Domingo de Resurrección », pour donner l’alternative à José Fuentes. C’était reparti pour un tour et pour la petite histoire, il a toréé à Arles le lendemain, toujours avec José Fuentes, triomphant aux arènes et devant ensuite sortir de sa chambre du fameux hôtel Nord Pinus, sur la Place du Forum, pour répondre aux vivats des aficionados, ce qu’il fit non sans aller chercher Fuentes pour lui faire partager l’ovation !

Tout ça pour dire que les retours dans les ruedos après s’être fait couper la coleta, ce n’est pas vraiment nouveau, au même titre que les chanteurs qui font leur tournée d’adieux… avant de revenir fêter leur retour sur scène, qui leur manque tant !!!

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On se souvient des adieux émouvants, dans un contexte très particulier, de Denis Loré à Nîmes le 16 septembre 2007, sortant en triomphe en compagnie de José Tomás… Presque huit ans après, imitant Antonio Ordóñez et quelques autres, Denis Loré va remettre l’ouvrage sur le métier. A Istres, son retour sera l’une des attractions de la Feria 2015. Et au-delà de ses motifs personnels, on peut penser que si Denis a décidé de revenir, c’est peut-être aussi parce que sa place n’a pas été vraiment prise… C’est d’ailleurs pour ça qu’il a déclaré ne pas vouloir revenir pour une seule corrida, mais bel et bien pour honorer tous les contrats qui pourraient lui être proposés. Suerte, Maestro !

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Paco

Ruiz Miguel nous surprendra toujours car le poids des ans n’a semble-t-il aucune prise sur lui. Toujours autant d’illusion, d’aficion et de planta torera.

Lui qui a parcouru tout ce que la planète taurine compte de plazas et combattu tout ce que les élevages comptent de toros difficiles, semble toujours aussi rayonnant et affûté.

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Récemment, lors d’une énième remise de trophées, Paco Ruiz Miguel a déclaré que comme lui avait enseigné son maître à penser, Rafael Ortega, dans les toros, il ne fallait jamais se rendre, sous peine de boire la tasse et même de se noyer ! Bref, être toujours présent, avec la même dynamique, la même foi…

Et en toute modestie, le Maestro a ajouté qu’il n'avait encore rien obtenu et qu'il lui restait à présent beaucoup à faire ! Une bien belle leçon, à méditer, non ? Surtout pour ceux qui croient tout savoir, dans les toros comme en d’autres domaines, et qui veulent courir avant de savoir marcher !

Ronda

Plutôt connue pour sa traditionnelle corrida goyesque de septembre, la Real Maestranza de Ronda est un écrin unique qui entrerait bien dans la cadre d’autres événements. C’est ce qu’ont dû se dire les Petites Sœurs des Pauvres de cette cité qui ont tenté de monter un grand festival taurin au bénéfice des nécessiteux de cette ville, avec l’aide de nombreuses entités et professionnels du tourisme.

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Las, les propriétaires des arènes leur ont signifié une fin de non recevoir, prétextant que ce ne serait pas rentable et que de toute faon, la Real Maestranza est avant tout… un musée ! Lamentable, non ?

Portugal

Avec 454.000 entrées enregistrées, la temporada taurine 2014 au Portugal s’avère très viable, malgré les difficultés liées à la crise. En termes de pourcentages, si l’on compare avec d’autres activités, comme le théâtre ou le cinéma, la moyenne de spectateurs est nettement plus importante.

Des chiffres susceptibles de faire réfléchir, on peut toujours rêver, ceux qui passent leur temps à critiquer cette activité, voire à tenter de la faire supprimer, alors qu’elle est totalement ancrée dans les mœurs et les écosystèmes. Va-t-on vers une abolition du théâtre et du cinéma ?

 

Paul Hermé

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